Côtes d'ArmorPolitique et Syndicalisme

Les agriculteurs mettent la pression sur la grande distribution

Les éleveurs bretons ont bloqués cette semaine les plates-formes logistiques de la grande distribution. Ils demandent l’arrêt de la guerre des prix, une juste répartition des marges et un étiquetage clair de l’origine des viandes sur les produits transformés.

Les agriculteurs ne désarment pas et poursuivent leurs actions dans le département et partout en Bretagne. 8 plateformes logistiques de distribution sont bloquées en Bretagne dont 3 dans les Côtes d’Armor : Système U à Plaintel, Intermarché à Rostrenen et Lidl à Ploumagoar. « Nous sommes arrivés à 6 h 00 du matin mardi pour bloquer l’entrée et la sortie de la plate-forme Lidl de Ploumagoar », lance Jean-Marc Lohier, président cantonal de Plouaret pour la FDSEA.

Les agriculteurs ont laissé sortir les camions qui avaient déchargés leur marchandise et ont contrôlés ceux qui entraient. « Dans la matinée, nous avons vidé un camion contenant du beurre et de la margarine en provenance des Pays-Bas et de Belgique. Le beurre français qui était dans ce même camion a été donné à la banque alimentaire. »

Une juste répartition des marges

Pour les représentants syndicaux présents à Ploumagoar, les GMS ont une grande responsabilité en ce qui concerne la situation économique désastreuse que vivent les agriculteurs. « Ce sont eux qui ont toute la marge, nous demandons une juste répartition de cette marge afin que tous les maillons de la filière puissent vivre correctement. La guerre des prix qu’elles se livrent se répercute de manière inadmissible sur le premier maillon, c’est à dire nous les agriculteurs alors que nous sommes à l’origine même de la valeur de ces produits. »

La pression exercée sur les GMS vise à faire passer un message simple et clair aux enseignes de distribution. « Les négociations commerciales ne peuvent décemment pas aboutir à des baisses des prix payés aux producteurs. Les GMS doivent accepter de redonner aux producteurs la partie des marges qui leur revient. Ils doivent aussi exiger des transformateurs un étiquetage des produits transformés. »

Des éleveurs au bord de la rupture

Les agriculteurs sont déterminés et disent ne rien vouloir lâché tant qu’ils n’auront pas de réponses claires. « Nous en avons marre des réunions qui n’aboutissent à rien, nous voulons des actes. » Certains se disent tout de même fatigués de ce combat qui dur depuis des semaines. « Pas facile de concilier le travail à faire sur l’élevage et les actions sur le terrain. »

Un jeune éleveur laitier du canton de Plouaret s’interroge même sur la poursuite de l’activité laitière sur son exploitation. « Je produis 1 millions de litres de lait à l’année, si cela continue ainsi j’envisage sérieusement d’arrêter le lait. J’ai 180 ha de cultures je ferais avec et s’il le faut j’irais travailler un peu à l’extérieur. D’autres éleveurs de ma génération ont aussi les mêmes interrogations. » C’est bien révélateur de la gravité de la situation et de l’importance de trouver rapidement des solutions concrètes.

Nicolas Goualan

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