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L’herbe est-elle plus verte dans les prés de nos voisins européens ?

Quatre groupes de producteurs laitiers, adhérents de la Coopérative Even, sont allés visiter des élevages européens. Des voyages instructifs dont ils ont tiré bon nombre d’enseignements utiles pour l’avenir.

Avec la fin des quotas, la production laitière aborde une nouvelle ère faite d’incertitudes, la volatilité des prix sur le marché mondial soulevant, ces derniers mois, beaucoup de questionnements. Les opportunités sont aussi nombreuses, encore faut-il les identifier pour les saisir. La Coopérative Even a organisé, en fin d’été, des voyages d’étude à l’intention de ses adhérents, en Suisse, Allemagne, Danemark, Suède, Belgique et Pays-Bas. Les adhérents se sont particulièrement penchés sur quatre thématiques qui leur tiennent à cœur : les coûts de production, le revenu laitier, les chartes qualité et les réponses aux attentes sociétales.

Des coûts de production proches, mais des différences notables

Première thématique : les coûts de production, levier important de la compétitivité dans un marché très volatil. Il s’avère que les coûts de production chez nos voisins européens sont proches de ceux des producteurs de l’Ouest. Malgré un coût de reprise d’exploitation jugé élevé en France, le principal atout reste un prix du foncier attractif en Bretagne (5 à 8 000 €/ha) contre 25 à 100 000 €/ha dans les pays d’Europe du Nord. En revanche, le coût du travail est supérieur en France à l’ensemble des pays visités, excepté la Suède (194 €/1 000 litres pour la France, contre 140 €/ 1 000 litres au Danemark, mais 242 €/1 000 litres en Suède – sources EDF, année 2014).  De fait, la France a la plus faible rentabilité du travail (85 €/ heure de travail), soit la moitié moins qu’au Danemark, et presque trois fois moins qu’en Allemagne. Cet écart en faveur de nos voisins s’explique notamment par la spécialisation des ressources dédiées à la production laitière, la délégation des travaux et la saturation des outils de production (certaines exploitations laitières effectuant la traite en 3 x 8).

Une approche objective du revenu laitier

La formation du prix du lait est comparable dans les différents pays européens visités : des prix indexés sur les marchés aval et ajustés avec un système de bonifications et de pénalités, basé sur la qualité (matière grasse, matière protéique, cellules, germes, …), auxquels peuvent s’ajouter des primes (saisonnalité, pâturage, quantité…) et des retours sur résultats. Les producteurs laitiers nord européens rencontrés semblent avoir parfaitement pris conscience que c’est le marché qui détermine les prix répercutés par leur coopérative. La volatilité fait partie intégrante de leur raisonnement et les indicateurs suivis vont au-delà du seul prix mensuel du lait (prix moyen sur une plus longue période, coûts de production, marge laitière…).

Ils ont dit

  • « C’est en allant voir comment fonctionnent nos voisins européens que nous, producteurs adhérents Even, consolidons la vision du nouvel environnement laitier dans lequel nous évoluons. Autant d’enseignements utiles pour identifier les leviers de progrès qui permettront de gagner nos marchés futurs ». Roger Nicolas, vice-président du Conseil d’administration.
  • « Les éleveurs membres du réseau EDF partagent leurs résultats technico-économiques autour d’une vision d’avenir de la production laitière. L’optimisme d’entrepreneur mesuré chez nos voisins européens nous conforte dans une dynamique d’action. C’est cet état d’esprit constructif qui anime la relation entre la coopérative et ses adhérents ». Yves Kermarrec, administrateur Even, membre du réseau EDF (European dairy farmers).

Des chartes qualité plus ou moins exigeantes

Toutes les filières laitières des pays visités se prévalent d’avoir mis en place des chartes qualité répondant aux attentes sociétales mais qui, dans les faits, se révèlent plus ou moins exigeantes.
La Suisse s’appuie essentiellement sur son image de marque en termes de qualité de vie, naturalité et paysages pour communiquer auprès du grand public. L’Allemagne a opté pour une approche nationale transversale de la qualité du lait et du bien-être animal sans en faire un élément de différenciation d’entreprise, tandis qu’au Danemark, en Suède et aux Pays-Bas, les chartes sont portées par les coopératives leaders. Chez nous, les contrôles, portant sur le respect des engagements et des cahiers des charges, sont réalisés en externe par des organismes indépendants alors que, dans les pays du nord de l’Europe, les démarches qualité ne font l’objet que de contrôles internes. Un argument différenciateur qui mérite d’être souligné, car il assoit la crédibilité des démarches qualité de la filière française au-delà des frontières de l’Hexagone.

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