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Un système simple pour travailler vite et se faire remplacer

Avec le comité de développement de Châteaulin –Pleyben (29), Pierre Bernard a ouvert ses portes à l’occasion des Innov’Action en juin. Il produit du lait sur un foncier groupé en misant sur le pâturage et un bâtiment fonctionnel facile à confier à un remplaçant.

En 1996, quand ses parents ont fait valoir leurs droits à la retraite, Pierre Bernard a repris, seul, la ferme de 35 ha à Plonévez-Porzay (29). « Mon épouse travaillant à l’extérieur, j’ai toujours cherché à m’adapter à l’outil que j’avais à disposition tout en l’adaptant à ma vie de famille. »

« Tout le monde sous le même toit »

En 2005, étape importante, la reprise de 14 ha de terres accessibles précède les travaux de mise aux normes l’année suivante. Au fil du temps, le bâtiment, cœur de l’exploitation qui abrite tous les animaux, est rénové, modernisé ou aménagé. Parallèlement, le volume de lait produit suit une croissance progressive, sans grand à-coup. « La référence laitière est aujourd’hui de 420 000 L » La dernière étape date de l’inauguration en 2013 de la salle de traite. 300 000 € investis pour passer de l’ancien épi 2 x 4 simple-équipement à une TPA 2 x 10. Depuis le temps de traite a fortement diminué, « de 5 h par jour à 2 h désormais. » Et le choix d’une traite par l’arrière n’est pas anodin : « Le trayeur est moins exposé aux coups de pied bien sûr. Et surtout, d’un point de vue ergonomique, on se tient plus droit quand on pose les faisceaux trayeurs. Souffrant de problèmes de dos, la TPA est un vrai confort pour moi. »

« On passe beaucoup de temps en salle de traite. Cela doit être un endroit agréable. » En fait, à tous les étages, Pierre Bernard a misé sur un bâtiment simple et fonctionnel pour « gagner du temps, être efficace, abattre un certain volume de travail et être remplacé facilement. » Au printemps, l’astreinte journalière est de 3 heures. 5 heures en hiver.
« On passe beaucoup de temps en salle de traite. Cela doit être un endroit agréable. » En fait, à tous les étages, Pierre Bernard a misé sur un bâtiment simple et fonctionnel pour « gagner du temps, être efficace, abattre un certain volume de travail et être remplacé facilement. » Au printemps, l’astreinte journalière est de 3 heures. 5 heures en hiver.

À proximité, cases d’isolement et systèmes de contention sont installés : bovisol, portillon, tuyau à vide en box, jeux de barrière… « C’est indispensable pour travailler en sécurité. À la fois pour moi qui opère seul, mais aussi pour les intervenants extérieurs comme le vétérinaire, l’inséminateur, les salariés de Finistère remplacement… » Évoluer dans de bonnes conditions est le vrai leitmotiv. « Je fais tout pour être à l’aise dans ma journée de boulot. Mais aussi pour que les remplaçants prennent facilement en main l’outil et aient envie de revenir chez moi. »

Dans le bâtiment, il y a d’ailleurs un vestiaire avec sanitaire.  En moyenne, l’éleveur s’octroie 4 absences pour congés par an, « sur des durées allant de 2 à 8 jours. » Auxquelles il faut rajouter des remplacements ponctuels pour se libérer et suivre des formations. « Le service de remplacement est un investissement de 2 500 à 3 000 € par an chez moi, mais en contrepartie on peut profiter d’avantages fiscaux et d’aides. »

Pratique pour trier une vache, la lice de la nouvelle salle de traite permet de ne faire sortir qu’un seul animal si besoin.
Pratique pour trier une vache, la lice de la nouvelle salle de traite permet de ne faire sortir qu’un seul animal si besoin.

De l’eau dans tous les paddocks

À l’extérieur de l’enceinte, le parcellaire groupé a aussi été aménagé « au fil du temps » (création d’un pont par exemple) pour profiter au mieux du potentiel des prairies et pouvoir, grâce à des clôtures adaptées, déplacer seul le troupeau. « Le foncier groupé est une vraie force sur l’exploitation », souligne d’ailleurs Nicolas Fouquet, animateur du Comité de développement local. Plus d’1 km de chemins à vache ont été créés en décaissant le terrain avant de le remblayer avec des cailloux et du sable. Le circuit d’eau a aussi été réfléchi pour optimiser le système de pâturage tournant fil avant : « Pour ne pas perdre de temps à abreuver les animaux, chaque parcelle bénéficie d’un accès à l’eau. »

Le silo de maïs fermé 3 mois

De nouveaux chemins d’accès sont d’ailleurs prévus. « Comme je suis en pleine phase de remboursement d’emprunt bâtiment, j’augmente ma référence laitière pour diluer les charges de structure, explique le producteur de lait finistérien. Et avec le volume de production en hausse, je développe en adéquation la surface en prairies au détriment de parcelles en cultures et dérobées. Et puis, les légumes industrie ou les céréales n’ont jamais été ma tasse de thé. » Car à l’EARL Bernard, on tient à conserver l’équilibre d’un régime « 50 % herbe, 50 % maïs sur l’année avec fermeture du silo de début avril à début juillet. »

Dans la stabulation, un Dac permet de rationaliser au mieux la complémentation en correcteur azoté selon la période l’année et la part d’herbe dans le régime. S’appuyant sur un système fourrager simple (coût fourrager de 38 € / 1 000 L et coût de concentré de 27 €), le prix d’équilibre est actuellement de 339 € / 1 000 L de lait. « Jusqu’à ce jour, le résultat d’exploitation n’est pas mauvais », juge Pierre Bernard alors que le contexte laitier demeure extrêmement dégradé.

Pie Rouge, la plus-value taux

Historiquement, la Pie Rouge est la race du troupeau de l’élevage Bernard. « C’est une vache qui me plaît avec de bonnes pattes, des vêlages faciles. Un bon compromis entre rusticité et valorisation. Elle produit un lait riche en matière utile qui se répercute sur la paie : chez moi, l’incidence des taux sur le produit représente une entrée de 14 400 € par an. Soit + 20 / 1 000 L liés au TB et + 15 ,7 € / 1 000 L grâce au TB. »

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