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La nouvelle assurance climat sur les rails

Après les grandes cultures, l’élevage aura désormais son assurance contre les aléas climatiques. L’assurance des prairies, qui couvre les pertes de fourrages consécutives à des phénomènes climatiques, sera proposée dès janvier 2016.

Les prairies permanentes et pâturages représentent 30,2 % de la surface agricole utile totale. Si le besoin en assurance se faisait ressentir, aucune offre n’était jusqu’à présent sur le marché, du fait notamment de la difficulté à évaluer la pousse et la perte de l’herbe. La technologie ayant apporté des solutions, il ne manquait que les critères d’application pour lancer officiellement l’assurance des prairies. Suite au dernier Comité national de gestion des risques en agriculture (CNGRA) du 9 décembre, les lacunes sont comblées.

Une franchise plus attractive pour les éleveurs

Le contrat de base, ouvrant droit à une subvention européenne à hauteur de 65 % du montant des cotisations d’assurance, sera basé sur un déficit de pousse de l’herbe supérieur ou égal à 30 % par rapport à la moyenne quinquennale (moins la meilleure et la moins bonne année) et une franchise de 25 %. Un taux que le ministère estime attractif, puisqu’il est inférieur à celui des autres assurances aléas climatiques (à 30 %). Si les professionnels et les assureurs semblaient plus enclins à retenir une franchise de 20 %, le ministère a serré la vis, rappelant qu’un taux de franchise plus bas conduirait à des cotisations d’assurance plus hautes pour les éleveurs. Le dernier CNGRA a également fixé le montant maximum du capital assuré, réparti en 3 catégories : 900 €/ha pour les prairies temporaires et permanentes, 1 490 €/ha pour les prairies artificielles et 168 €/ha pour les landes et parcours.

La pousse de l’herbe vue du ciel

Quels que soient les assureurs, tous reconnaissent la difficulté à évaluer la perte d’herbe. Le suivi devant être régulier, les moyens humains étaient jusqu’à présent insuffisants pour réaliser des relevés fiables. Les avancées scientifiques ont apporté la solution : grâce à des photos prises par satellite, et des données d’archives de plus de dix ans, il a été possible de concevoir un indice permettant de conclure, sur des zones définies différemment par chacune des compagnies d’assurances, à des déficits ou excédents de pousse. Toutes les compagnies utiliseront cette même technologie pour mesurer la pousse de l’herbe.

Un accueil mitigé chez les syndicats

Attendu depuis plus de deux ans par les agriculteurs de la FNSEA, le contrat socle est accueilli tièdement par le syndicat majoritaire. « C’était une ambition collective de longue date destinée à aider chaque agriculteur à pouvoir accéder à l’assurance », explique Joël Limouzin, vice-président de la FNSEA. Le travail s’est avéré « long et compliqué, car on touche à toutes les productions ». Si la FNSEA applaudit sur le principe, quelques modalités la chiffonnent un peu. « Sur l’assurance des prairies, on aurait préféré une franchise à 20 % ».

Les réactions sont plus mitigées chez les syndicats minoritaires. À la Confédération Paysanne, on déplore un dispositif « mutuel mais pas solidaire ». Pour le syndicat, il faudrait « une assurance climatique obligatoire, un peu comme notre assurance-maladie ». À la Coordination rurale, le ton est plus expéditif : « Nous n’avons jamais été favorables à l’assurance récolte, car c’est la preuve que l’État se désengage ».

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