Productions Agricoles

Aménager son parcellaire pour développer le pâturage

L’aménagement du parcellaire est la clé de voûte d’un système plus pâturant et plus économe. Pour cela, Michel Nédélec à Plonévez-Porzay (29), a aménagé des chemins et créé des paddocks.


À Plonévez-Porzay (29), Michel Nédélec profite des beaux jours pour terminer les clôtures de ses nouveaux paddocks, avant d’entamer sa 1re saison de pâturage tournant. « C’est un challenge, mais c’est réalisable », annonce sereinement l’éleveur. Depuis son installation en 1984, il n’a cessé de faire évoluer son système fourrager. « Au début, il fallait maximiser le lait par vache. La réflexion sur les coûts et la recherche d’autonomie est venue plus tard ». En participant à différents groupes de réflexion, il découvre les prairies trèfle blanc / RGA et la possibilité de réduire la part de maïs et donc de correcteur azoté. Toutefois, la route très passagère qui sépare les parcelles accessibles autour des bâtiments freine l’éleveur dans une mise en place d’un système herbager économe et autonome : « Je suis tout seul pour bouger les animaux. En plus, je me suis rendu compte que réapprendre à gérer l’herbe nécessite du temps et de l’énergie ».

3 jours par paddock de 1,2 ha

Suite à un diagnostic du bassin versant, l’agriculteur remet l’ouvrage sur le métier et reçoit un soutien pour aménager son parcellaire : créer des chemins d’accès aux pâtures, un boviduc pour sécuriser l’accès à cette route passagère et dessiner des paddocks. Des travaux pendant 6 mois conduisent l’éleveur à repenser totalement son système : « j’ai fait créer 1 km de chemins, permettant aussi d’acheminer l’eau dans tous les paddocks. » 13 paddocks d’environ 1,2 ha ont été redécoupés, en profitant au mieux de l’hétérogénéité des sols : « L’idée est que les 45 vaches laitières puissent rester 3 jours par paddock. » Une partie des prairies servant au pâturage est implantée depuis 5 à 6 ans en pâture suisse (fétuque, RGA précoce, pâturin, trèfle blanc, trèfle violet), le reste en RGH / trèfle violet : « Même si ce mélange est souple d’exploitation, il ne correspond pas pour faire du pâturage tournant et je le remplacerai par des pâtures suisses après le maïs. »

Des stocks et une pousse d’herbe continue

Aujourd’hui, les 45 vaches terminent de raser les parcelles de RGH / TV destinées au maïs, avant de débuter le déprimage cette semaine. L’éleveur compte ainsi faire pâtu-rer l’ensemble des paddocks jusqu’à la fin avril. La ration hivernale évoluera en fonction de l’herbe pâturée, diminuant la part de maïs ensilage de 14 kg à 10 kg MS et le correcteur azoté de 2 à 1,5 kg. La production de lait se maintient à 26 kg / VL. Plusieurs facteurs donnent confiance à l’éleveur pour s’engager dans ce système : « Les stocks ont été bons l’année dernière, de quoi assurer le coup si on doit affronter un printemps froid. Les prairies ont reçu de la pluie en quantité suffisante et les températures sont correctes, facilitant une pousse continue ». Avec un coût alimentaire de 73 €/ 1 000 L en 2014, Michel Nédélec compte bien encore l’améliorer avec plus de vaches en lactation, profitant de la pousse de l’herbe pour produire du lait à moindre coût. Et 2015, sera l’année de reflexion pour la signature d’une mesure agro-environnementale, sécurisant le choix de ce système.
 Civam 29 (02 98 81 43 94)


Gagner du temps au quotidien

Disposer de chemins d’accès, de paddocks et de clôtures simples et efficaces permet un gain de temps au quotidien. Ces investissements sont vite rentabilisés. Les étapes à suivre :
1) Définir la surface accessible : elle correspond à l’ensemble des parcelles (en herbe ou non) où il serait acceptable de conduire les vaches au pâturage.
2) Réaliser une carte du parcellaire : en hiver, faire un tour des parcelles pour observer l’hétérogénéité des sols (sains, humides, séchants, etc).
3) Découper les paddocks : créer des paddocks proches du carré et basés sur 1 are / VL/ jour.
4) Créer des chemins d’accès, évacuer l’eau : commencer par la sortie du bâtiment avec un chemin stabilisé et large puis créer 2 accès par parcelles pour éviter le piétinement en conditions difficiles.
5) Acheminer l’eau et mettre en place des clôtures efficaces.
Pour compléter : www.cedapa.com/un-centre-technique-sur-lherbe/les-fiches-techniques/

L’avis de…

Laurent Barbot, Ploërdut (56), zone humide :  Je suis arrivé dans les parcelles de fétuque mi-mars. Il y a plus d’herbe, car la fétuque démarre plus tôt que le RGA. Il reste 12 ha à déprimer, à raison de 2 à 4 jours par paddock. Ça devrait être fini d’ici mi-avril, en même temps que le silo de maïs. Derrière les vaches, je passe le scarificateur-ébouseur pour aérer le sol et étaler les bouses. En ce moment, j’ai 53 VL traites avec un niveau moyen de production de 22 l/VL (TB : 44,6, TP : 34,6). Les vaches dormiront en bâtiment jusqu’à fin mars normalement. Sorties plus tôt le matin, elles mangent un peu moins de maïs et le correcteur azoté a baissé à 3 kg/VL/j. Elles ont aussi 3 kg/VL/j de mélange céréalier aplati, comme aliment de production. 
Civam AD 56 : 07 85 26 03 02

Vincent Couvert, Montfort-sur-Meu (35), zone intermédiaire : La bonne répartition de la pluviométrie de cet hiver a permis une mise à l’herbe plus tranquille. Les vaches sont sorties le 6 mars et elles sont dehors jour et nuit depuis le 17 mars. Le déprimage est effectué sur les parcelles sableuses et séchantes et celles qui n’auront pas été déprimées avant le début du 2e cycle seront fauchées prioritairement au printemps. Les vaches produisaient 16 kg/j juste avant la mise à l’herbe pour un mois moyen à 7,9 (TB : 45, TP : 31,5). La quantité de maïs ensilage reste à 9 kg, l’enrubannage a été arrêté au profit du pâturage et j’ai terminé mon stock de tourteaux de colza, les 3,8 t auront suffi pour passer l’hiver.
 Adage 35 : 02 99 77 09 56

Didier Motais, Loscouët-sur-Meu (22), zone séchante : Les vaches sont dehors toute la journée depuis début mars. Le déprimage se passe bien, les vaches passent 1 à 2 jours par parcelle selon la hauteur d’herbe et elles n’abîment pas du tout. Elles vont sur toutes les parcelles, même sur les parcelles humides. J’ai gardé 5 ha que je n’ai pas déprimés. Cette parcelle de réserve sera pâturée la semaine prochaine, et permettra aux autres parcelles de pousser avant le second cycle de pâturage. Pour la ration, j’ai gardé la moitié de maïs et j’ai baissé le soja à 1,7 kg par vache, pour pouvoir maintenir un bon niveau de lait. À 5 mois et demi de lactation, les 69 vaches produisent 23,2 L/VL (TB : 44, TP : 34). Contact : Cedapa 02 96 74 75 50

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