Economie, marchés et gestion

L’engagement professionnel pour l’intérêt collectif a encore du sens

Pour Dominique Le Dantec, éleveur laitier à Lanrodec (22), l’engagement professionnel va de pair avec le métier d’agriculteur. Rencontre.

Dominique Le Dantec aime bien ce proverbe chinois : « Un homme = une idée ; deux hommes = trois idées ». Une maxime qu’il a éprouvée à maintes reprises durant ses trente années d’engagement professionnel. D’abord dans le syndicalisme jeune où il fait ses premiers pas. Un bon début pour mettre le pied à l’étrier des futures responsabilités. « D’emblée, on rencontre d’autres jeunes que l’on n’aurait pas connues autrement. Ça crée des liens et ouvre l’esprit ». Et les premiers réseaux se tissent…

Porter l’agriculture bretonne

Les réseaux se tissent et le sentiment que s’engager professionnellement fait avancer les choses devient une conviction. « Avec une émulation que l’on ne voit pas toujours ailleurs », observe avec optimisme Dominique Le Dantec. Et s’il admet que les choses avancent parfois lentement quand on se met à plusieurs autour d’une table, il a aussi cette certitude que si « tous ces agriculteurs engagés ne portaient pas collectivement les dossiers professionnels dans les différentes organisations, l’agriculture bretonne ne serait certainement pas ce qu’elle est aujourd’hui ».

Sur le ton de l’humour, cet agriculteur de Lanrodec aujourd’hui président d’Icoopa et membre du bureau du Sdaec et de Terralliance, admet qu’il y a peut-être quelques bribes « génétiques » qui l’ont conduit à prendre des responsabilités professionnelles. « Qui sait… Mon grand-père était président fondateur de la coopérative du Trieux ; président fondateur du lycée agricole de la Ville Davy (Quessoy) et de Pommerit-Jaudy. Il y a peut-être des restes… », lâche-t-il dans un rire non retenu.

Partager et porter des valeurs

Mais si le modèle grand-paternel n’est sans doute pas étranger au sens de l’engagement, là n’est pas le cœur de la motivation qui, en 2012, a poussé cet agriculteur à accepter le poste de président du centre de gestion Icoopa. « J’y étais administrateur depuis 1993 », précise-t-il, en reconnaissant qu’une responsabilité à ce niveau s’accompagne par des absences répétées sur son élevage laitier qu’il gère avec son épouse Monique. « Partir pour la journée ou la demi-journée exige un minimum d’organisation. Concrètement, cela commence par un lever plus matinal pour que tout le travail soit terminé avant de partir. Quant à l’imprévu, il peut en effet contrarier les plans ! Il s’agit d’ailleurs d’un des principaux motifs de défection des élus aux réunions agricoles ».

S’engager signifie surtout partager et porter des valeurs d’entreprise, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’organisation dans laquelle l’agriculteur est élu. « En n’oubliant jamais que l’on fait partie d’un collectif, avec également des responsabilités quant à l’emploi des salariés qui font fructifier l’entreprise au quotidien ». Et Dominique Le Dantec d’illustrer par l’exemple d’Icoopa qui « cultive une réelle proximité avec ses collaborateurs. D’où notre slogan : Tout devient simple quand on se comprend mieux ».

Dans ce centre de gestion, le « partage d’intérêts » pour la profession conduit les administrateurs à aller dans les agences pour écouter et échanger avec les collaborateurs. « C’est pour cela aussi que lorsque notre entreprise recrute, elle cherche d’abord des femmes et des hommes, avant de chercher des diplômés ». Et Dominique Le Dantec de confier une formule qui fait mouche dans ce centre de gestion : le « BAO ». Comprendre : le bouche-à-oreille. « Un des rôles des administrateurs est en effet de faire le lien entre les adhérents et les salariés. C’est ce que j’appelle la mission d’ambassadeur de terrain ». Avec toujours dans un coin de l’esprit, ce fil conducteur « de l’intérêt collectif, au service de la profession agricole ». Bretonne bien entendu. Didier Le Du

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