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Voyage en Californie laitière

« Redécouvrir la vigueur hybride »

Stéphane Fitamant est responsable développement du schéma Procross® sur le continent américain et le sud de l’Europe pour la coopérative Coopex basée à Roulans, dans le Doubs.

Que signifie Procross ?

La Coopex Montbéliarde et son partenaire Viking Genetics proposent au travers de leur filiale Procross® un croisement rotationnel à trois voies qui s’appuie sur les races Rouge Suédois, Montbéliard et Prim’Holstein. On commence par la Rouge suédoise ou la Montbéliarde sur Holstein et, en 3e génération, on termine par la Holstein. En pratique, une fois le roulement pris, la génisse est toujours inséminée par un taureau de la race de sa grand-mère. L’objectif est de cumuler les qualités respectives des trois races : la Holstein pour le lait ; la Rouge suédoise pour la facilité de vêlage et la santé ; la Montbéliarde pour la robustesse, les membres, la fertilité, la longévité

Stéphane Fitamant, Coopex
Stéphane Fitamant, Coopex.

Ce croisement entre races laitières ne tend-il pas à écraser tout le progrès génétique accumulé depuis des décennies dans chacune des races ?

Contrairement à ce que l’on peut penser au premier abord, cette pratique de l’hybridation ne mine pas les schémas de sélection car pour maintenir le potentiel de production dans un troupeau en croisement il faut utiliser des taureaux très laitiers. On rencontre ce schéma génétique en porc, avec des cheptels de sélection en race pure qui servent à fournir de la génétique aux élevages de multiplication puis de production de charcutiers. Ce fonctionnement n’a aucunement altéré le niveau génétique porcin du cheptel sélectionné. Au contraire. En production laitière bovine, c’est la même chose.

Pourquoi ne pas utiliser des taureaux hybrides F1 ?

Car en utilisant successivement des taureaux de races pures, vous bénéficiez de 100 % de vigueur hybride en cumulant la génétique des deux parents. Si on utilisait un taureau hybride donc croisé, on perd de cette vigueur.

L’hybridation casse les repères… y compris de couleur
L’hybridation casse les repères… y compris de couleur.

Pourquoi votre schéma s’appuie-t-il sur 3 races et pas 2 ?

Scientifiquement, c’est prouvé qu’avec trois races  utilisées de façon rotationnelle vos conservez 86 % d’effet hétérosis sur le long terme. Avec deux races, vous descendez à 66 %. Pour rester à 92 % d’effet hétérosis sur le long terme, il faudrait utiliser 4 races distinctes.

Concrètement, que gagne l’éleveur ?

La production laitière est équivalente entre une F1 et une vache de race pure. Sur le poste reproduction, le gain est très important. Avec le croisement, on gagne 10-15 points sur le taux de non-retour. Ce qui constitue un gain économique énorme calculent les éleveurs américains qui chiffrent à 5 $/VL le coût de chaque jour de retard pris entre deux vêlages (IVV). Aux USA où le taux de mortalité des vaches est de 9 % en moyenne, tout gain de 4-5 % sur les pertes constitue un gain énorme. L’hybridation sur la santé n’est plus à démontrer.

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