Productions Agricoles

Lisier, un travail de fond récompensé

Croûtes, mouches, difficultés de vidange… un lisier qui « vit » mal peut entraîner de multiples désagréments en élevage. Une des solutions est d’ajouter régulièrement un liquéfiant dans les fosses.

Sous-produit de l’élevage, le lisier n’en reste pas moins un engrais riche et naturel. C’est aussi un milieu vivant et un équilibre complexe, pas toujours simple à gérer. Ainsi, sans toujours en connaître la cause, les éleveurs sont parfois confrontés à des problèmes de croûtes ou de dépôts, d’ambiance dégradée en bâtiment, ou de proliférations de mouches. Des conséquences multiples dues à un même phénomène : le dérèglement de la flore du lisier et une liquéfaction insuffisante.

Des bactéries et des enzymes

Pour relancer la flore, des solutions existent. Ainsi, les liquéfiants s’appuient sur des bactéries qui renforcent et orientent la flore du lisier, afin de digérer et liquéfier la matière organique qui y est présente. D’autres ingrédients, comme les enzymes, sont capables de « couper » les grosses molécules (fibres, coques de maïs…), pour les rendre accessibles à la flore liquéfiante du lisier. Ce travail de prédigestion par les enzymes est notamment utile dans le cas de rations riches en fibres ou en maïs humide (risque accru de croûtes et de dépôts). Avec moins de fermentations indésirables, la liquéfaction du lisier s’accompagne d’une réduction des dégagements d’ammoniac et de gaz odorants, qui peut être accentuée par des capteurs d’ammoniac. Outre le gain environnemental, l’amélioration de l’ambiance permet de meilleures conditions de travail pour les éleveurs et des performances de croissance optimisées pour les porcs.

Des bénéfices jusqu’à l’épandage

Relancer la flore du lisier ne permet pas seulement de le liquéfier : les mouches, ténébrions et autres insectes se reproduisant dans la croûte du lisier, sont éliminés, l’ambiance est améliorée et les odeurs à l’épandage sont diminuées. De plus, la valeur fertilisante du lisier sera augmentée.

L’avis de :

Pierrick Lefoul, Naisseur-engraisseur à Saint-Brieuc des Iffs (35)

J’ai mis en service mes engraissements en 2010, avec une ration FAF incorporant 40 à 45 % de maïs. Rapidement, j’ai été confronté à des problèmes de croûtes et de mouches, m’obligeant à appliquer un insecticide et un larvicide entre chaque bande. Début 2012, j’ai constaté une augmentation de l’épaisseur de croûte qui empêchait la bonne vidange des fosses, et avait conduit à une forte prolifération des mouches et des larves. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à utiliser le Biolisier. Après le départ d’un lot, j’épands 9 à 10 kg de Biolisier par salle de 130 porcs avant le lavage (soit un coût de 35 à 40 centimes par porc). Avec Biolisier, mon lisier est plus homogène, il n’y a plus de croûte épaisse, et la vidange se fait sans problème. Les mouches ne prolifèrent plus comme avant, et cela m’a permis d’arrêter le larvicide. J’ai aussi constaté une amélioration de l’ambiance en bâtiments. À l’épandage, les odeurs sont atténuées, ce qui facilite l’utilisation sur céréales. C’est un point important car mon parcellaire est proche des habitations.

M. Pédron, Naisseur-engraisseur dans les Côtes d’Armor (22)

Au cours de l’été 2003, sous l’effet des températures élevées et de la ventilation poussée à son maximum, des croûtes épaisses s’étaient formées sous les salles d’engraissement. Mes salles étaient infestées de mouches et de ténébrions. Et surtout, je ne parvenais plus à vidanger correctement les fosses : il fallait que je trouve une solution pour récupérer ma capacité de stockage ! J’ai alors mis en place le Bactifos. Je commence 1 mois après chaque vidange, puis je réensemence toutes les 3 semaines. J’ai retrouvé un lisier fluide, qui travaille bien, et surtout, facile à pomper. La gestion des fosses est plus facile, car je peux vider chaque fosse au moment opportun, et conserver une capacité de stockage maximale. C’est aussi une nécessité pour garantir l’approvisionnement des preneurs de lisier extérieurs. Sans compter les bénéfices à l’épandage : il n’y a pas de risque de bouchage de la rampe à buse, le lisier s’écoule de façon homogène et il est moins odorant. Dans les salles, c’est l’absence de mouches que j’apprécie : je n’utilise plus aucun traitement insecticide.

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