Productions Agricoles

L’agridrone plane pour ajuster l’apport azoté

Les drones s’envolent au-dessus des parcelles. Premier axe de développement, l’ajustement de la fertilisation sur colza et blé.

L’agridrone est né en 2010, de la rencontre d’un fils d’agriculteur et de deux ingénieurs spécialistes des technologies du drone et de la cartographie. C’est en observant les limites des outils de cartographie proposés sur le marché de l’agriculture de précision (satellite et capteurs embarqués) qu’ils ont eu l’idée de concevoir un drone dédié à un usage exclusivement agronomique. Après une période de mise au point et de développement, les prototypes fonctionnels de cartographie agronomique sont finalisés en 2011. Ils sont ensuite testés et leurs résultats validés tout au long de l’année 2012 par des instituts et laboratoires comme l’Inra et le Cetiom.

Il peut couvrir 100 ha/h

Afin de faire découvrir cette nouveauté aux bretons, la société Airinov a organisé un vol de démonstration le 26 février à la MFR de Montauban-de-Bretagne (35). « Le drone est une aile motorisée (moteur électrique), équipé d’un modem, d’un GPS et d’un capteur situé sous l’appareil », décrit Antoine François, technicien chez Airinov. Une fois le plan de vol téléchargé dans l’agridrone, il décolle pour cartographier les parcelles de colza ou de blé. Pouvant atteindre les 70 km/h et une altitude de 150 mètres, lui permettant de couvrir 100 ha/heure, l’appareil mesure la réflectance de la culture, c’est-à-dire la lumière reflétée par le feuillage.

Ces observations sont des indicateurs de la densité foliaire sur colza (biomasse) et du taux de chlorophylle sur blé. Pour 15 €/ha en colza, le technicien se déplace 2 fois en décembre et janvier afin de réaliser les cartes de biomasse entrée hiver et sortie hiver. « Ces 2 cartes de biomasse servent ensuite de référence pour établir une carte conseil azote, selon la même technique que la méthode des pesées du Cetiom. En blé, pour un vol du drone au stade épi 1 cm, il faut compter 10 €/ha, permettant d’ajuster le 3e apport d’azote qui est déterminant pour le rendement final. Il est possible de faire passer le drone 2 fois (15 €/ha), à épi 1 cm et stade 2 nœuds lorsque l’on est en stratégie à 4 apports. »

Traitement des données, cœur de l’activité

« Le cœur d’activité de notre métier réside dans le traitement des données ramenées par le drone », relève Antoine François. L’analyse des informations collectées débouche sur des cartes de préconisation moyenne (par parcelle ou par zonage), ou des cartes de modulation automatique qui sont remises à l’agriculteur sous 48 h après passage. « Le but est de pouvoir délocaliser l’engrais prévu sur une zone bien développée vers une zone moins dense. Pour les agriculteurs équipés d’un distributeur d’engrais à modulation de dose, nous fournissons une carte détaillée des apports compatibles avec les différents boîtiers des principales marques. »

Nous n’avons pas fini de voir des drones au-dessus des parcelles car les idées de nouvelles applications se multiplient chez Airinov. « Il peut être utilisé pour effectuer un tour de plaine afin d’évaluer des dégâts climatiques ou de gibiers sur une culture pouvant ainsi servir de base d’indemnisation aux assurances. » Les ingénieurs travaillent au développement d’un capteur qui détermine les différents types d’adventices dans la culture pour pouvoir moduler les doses de traitements. Et on imagine que la société ne dévoile pas tous ses axes de développement… Nicolas Goualan

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