La fertilisation de précision prend son envol

Denis Hamon fait voler son aile sur les champs de la région. - Illustration La fertilisation de précision prend son envol
Denis Hamon fait voler son aile sur les champs de la région.
Le troisième apport d’azote sur céréale se pilote désormais du ciel, à l’aide d’un drone. Les ETA équipées modulent ensuite la dose de fertilisant apportée.

Les nouvelles technologies diversifient les métiers agricoles. La fertilisation, clé de réussite des céréales, s’ajuste en fonction du besoin de la plante. Les avantages de la technique sont multiples. « Les gains en rendement se chiffrent à 5 quintaux supplémentaires. Le drone, comparé à d’autres techniques, est plus précis, et peut être utilisé sur des surfaces réduites », indique Jean-Luc Ménard, d’Even. La carte de préconisation, remise à l’exploitant, lui laisse le choix d’un épandage simplifié, avec deux ou trois zones définies dans la parcelle, ou d’une carte détaillée qui permet la modulation à l’aide d’un épandeur adapté.

Pilotage automatisé

L’entreprise de travaux agricoles Hamon est basée à Pédernec (22). Denis a rejoint son père Bernard au sein de la structure, avec un nouvel objectif pour l’entreprise. « La concurrence est forte sur le marché. Il nous fallait développer des nouvelles technologies », confie Denis, qui lance son aile volante de 750 grammes au-dessus des champs.

[caption id=”attachment_18759″ align=”aligncenter” width=”600″]L’épandeur Vicon RO-EDW module en suivant les préconisations du drone. Au final, de la précision qui apporte la juste dose à la culture. L’épandeur Vicon RO-EDW module en suivant les préconisations du drone. Au final, de la précision qui apporte la juste dose à la culture.[/caption]

Avec une vitesse de croisière de 55 à 60 km/h, le petit avion couvre des surfaces impressionnantes chaque jour, « entre 400 et 600 ha. Nous intervenons du stade 2 nœuds de la céréale au stade dernière feuille étalée. Le facteur limitant pour nos journées reste la lumière naturelle, nous pouvons ainsi travailler de 7 h 30 le matin à 21 h le soir ».

Cet outil d’aide à la décision a séduit Éric Diverres, un des associés du Gaec de Kersignon, ferme produisant du lait à Irvillac. « La moitié des 50 ha de l’exploitation a été suivi par le drone cette année, essentiellement du blé. Après un apport de 70 unités d’azote début mars, puis 50 unités 1 mois après, j’avais l’intention d’épandre 30 unités en ce début mai. Le conseil du drone préconise en moyenne 50 unités, du fait d’un fort lessivage cet hiver ». Sans le drone, la culture aurait été sous-fertilisée et l’objectif de 90 quintaux difficile à atteindre.

Désherbage et protection fongicide

En balayant la parcelle, la vue d’ensemble du drone enregistre bon nombre d’informations. Ainsi, le désherbage, avec le calcul de la surface couverte par les adventices, pourra être optimisé. « Il en va de même avec la protection fongicide. Quand une maladie est observée au champ, le vol mesurera l’étendue de la propagation à la parcelle, et ajustera ensuite les doses de molécules apportées ».


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