La désileuse-mélangeuse automotrice de la Cuma Cuvée Prestige de Billé (35) passe sur l’exploitation de Pascal Bertin depuis 2007. « C’est surtout pour le gain de temps que nous avons opté pour cette solution. Nous avons souhaité conserver une traite demandant 1 heure de travail et ne pas ajouter une astreinte pour l’alimentation », précise l’éleveur, par ailleurs responsable de la Cuma qui compte 10 fermes adhérentes (produisant au total 9,4 millions de litres de lait).
30 Charolaises et 60 Prim’Holstein
Avec sa femme Guénnola, installée avec lui depuis 2010 sur une SAU de 80 ha, ils assurent une production de 550 000 L de lait reposant sur 60 vaches laitières et gèrent un cheptel allaitant charolais à côté (30 vêlages par an). « Ces deux productions permettent de diversifier les revenus, elles se complètent. » Les Charolaises passent derrière les laitières au pâturage et valorisent des terres à 7 km du siège. « Les vêlages charolais sont généralement groupés sur mars-avril mais cette année, du fait de la FCO, ils ont été décalés. Nous en avons eu 15 en juillet. Nous vendons 18 taurillons par an en moyenne ».

Pour nourrir les vaches et les taurillons ainsi que les génisses en hiver, un salarié de la Cuma passe tous les jours sauf le dimanche sur la ferme. Le vendredi matin, 140 % de la ration habituelle sont distribués et le samedi après-midi, 160 %.
Même ration de base pour les vaches laitières et les taurillons
La même ration est programmée pour les vaches laitières et les taurillons, comprenant de l’ensilage de maïs, de l’ensilage d’herbe et du correcteur. « Je distribue du concentré manuellement aux taurillons avec du bicarbonate de sodium et des levures pour prévenir l’acidose et les problèmes de pieds. Les vaches laitières reçoivent le concentré au Dac, en fonction de leur production. »


Pour les mères charolaises, de la paille, du foin et de l’ensilage d’herbe sont mélangés. En hiver en fin de gestation, l’alimentation est constituée de paille et de foin. « La mélangeuse permet d’avoir des rations appétantes et homogènes. Elle contribue à la performance technique de nos exploitations », souligne Pascal Bertin.

Paiement selon des équivalences
Tous les adhérents de la Cuma sont éleveurs laitiers. Le Gaec Bertin est le seul avec un cheptel allaitant, un autre éleveur élève des taurillons. Pas un problème pour autant. Le coût de la prestation comprend une partie liée à la production, à 8,20 €/1 000 L, et une autre partie fonction du temps de fraisage, à 77 €/h. « Pour les bovins viande, nous avons des équivalences qui nous ont été fournies par la Fédération des Cuma. Un taurillon équivaut à 1 800 L de lait et une vache allaitante, à 1 400 L. Concernant les génisses, seul le temps est compté. »
Changement de matériel tous les deux ans
Chaque jour, environ 100 t de fourrages passent dans la désileuse. Un rythme soutenu pour le matériel qui est changé tous les 2 ans, afin « d’éviter les pannes. Après, des frais tels que le changement des tapis convoyeur ou de déchargement sont à prévoir. Et à 3 500 heures, il se positionne plus facilement sur le marché de l’occasion. »
Actuellement, la Cuma utilise une Kuhn SPW Intense à deux vis verticales avec des couteaux dentelés pour couper les fibres et deux contre-couteaux hydrauliques permettant d’accentuer la recoupe. Un des intérêts de cette machine est l’automatisation de la descente de la fraise en fonction de la densité du fourrage. Elle peut descendre plus rapidement dans de l’ensilage de maïs que dans de l’herbe.

« Prochainement, nous allons acquérir le modèle Antea, tout en gardant une cuve de 19 m3. Une taille qui permet l’accès à tous les élevages. Cette version offrira davantage de visibilité au chauffeur. » Le coût est d’environ 255 000 € HT. Des aménagements ont parfois été nécessaires dans les exploitations. « Nous avons bitumé la cour de ferme et surélevé un des auvents de la stabulation pour que la machine puisse passer », illustrent Pascal et Guénnola Bertin.
Agnès Cussonneau
44 km et 900 bovins nourris chaque jour
La Cuma Cuvée Prestige emploie deux salariés : Jacky Leray comme titulaire, plus un autre salarié, Raphaël Bodin, qui le remplace quand il est en vacances et un samedi et lundi sur deux. Cette personne travaille aussi pour une 2e Cuma désilage à proximité (La Belle Étoile). « En cas de panne, nous pouvons nous entraider. C’est rassurant », précise Pascal Bertin. « Nous ne travaillons pas le dimanche », note Jacky Leray qui assure cette mission depuis 24 ans. Le reste du temps, il est salarié sur l’exploitation de sa femme en viande bovine. Avec l’automotrice, « je parcours 44 km par jour sur 4 communes et je prépare des rations pour environ 900 animaux au quotidien. » Généralement, il commence sa tournée à 6 h 30 et finit vers midi. Il doit s’adapter en permanence aux rations demandées par les éleveurs. « Je retrouve les poids de chaque ingrédient grâce au logiciel qui les affiche dans la cabine ».
