Dossier technique

Un élevage des veaux simplifié grâce au Dal

Gaec de Marcanville à Fresville (50) - Pour gérer la préparation et la distribution des buvées aux veaux, les associés ont adopté le distributeur automatique de lait il y a 19 ans afin de réduire la charge de travail au quotidien. Ils viennent de renouveler leur matériel en misant sur une manchine de dernière génération.

Un éleveur derrière une station de distributeur automatique de lait où un veau de race Holstein est en train de boire - Illustration Un élevage des veaux simplifié grâce au Dal
Jean-François Duruel dans la nurserie | © Paysan Breton - T. Dagorn

Il y a 19 ans, Jean-François et Christophe Duruel ont automatisé la traite (125 vaches en moyenne sur deux stalles) mais aussi la distribution de lait aux veaux. « Nous avions besoin de simplifier le travail en passant de trois à deux associés », expliquent les deux frères. Dans la nurserie neuve, le distributeur automatique de lait (Dal) est adopté. Mais les associés ne partaient pas dans l’inconnu : Jean-François, qui a travaillé en nutrition animale, avait observé l’équipement dans plusieurs exploitations de sa clientèle.

Hygiène automatisée

Après 18 ans de bons et loyaux services, le Dal de marque Förster, l’un des spécialistes du marché, a été renouvelé en mars 2026 par un modèle Lely Calm proposé par Lely. Les éleveurs ont investi 16 000 € dans une machine aux possibilités et fonctions nouvelles. « Sur un Dal aujourd’hui, tout est option », sourit Jean-François Duruel. Les deux frères ont par exemple choisi le module HygieneBox qui permet un nettoyage automatique des tuyaux à lait entre le bol de préparation de la buvée et la tétine. « Cette tâche est désormais réalisée plusieurs fois par jour. Auparavant, il était préconisé un nettoyage manuel quotidien avec une petite éponge. Il y avait toujours un risque d’oublier certains jours en fonction de la charge de travail ». Maintenant, la machine effectue aussi un rinçage de la tétine entre chaque veau grâce à des jets d’eau. « Avant, nous ne les lavions qu’une fois par semaine ». Pour le producteur de lait, davantage d’hygiène est toujours synonyme d’une meilleure garantie pour la santé des animaux.

Deux veaux servis à la fois

Mais pour lui, la « grosse révolution » est la pompe IFS. Le bol de préparation desservant deux stations, l’ancien matériel n’était pas capable d’approvisionner en lait deux veaux en même temps. Premier arrivé, premier servi. L’animal dans la station d’en face devait attendre son tour. « Avec la pompe IFS, deux veaux peuvent boire au même moment ». Avec des avantages. « Il est possible de mettre un peu plus de veaux dans les cases. Et surtout, l’apprentissage des petits est plus simple. Dès qu’ils se présentent à la station, ils reçoivent du lait. Auparavant, ils pouvaient venir et ne pas pouvoir boire parce que la station d’en face était déjà servie ». Les trois premiers jours d’apprentissage d’un animal, l’éleveur passe deux fois pour le guider vers la tétine. « Si un autre était déjà en train de boire, il fallait attendre plusieurs minutes… Pour nous, ce gain de temps de travail est encore plus vrai quand il y a deux ou trois veaux en démarrage ».

Des informations sur la santé

Le nouveau Dal est connecté. Sur une télécommande à la nurserie et sur le PC au bureau (logiciel des robots de traite), les éleveurs savent tout : la quantité de lait reconstitué qu’un veau a le droit, ce qu’il a bu aujourd’hui et la veille, le nombre de buvées effectuées, le nombre de passages à la station (« les refus sont un signe d’activité et de bonne santé, comme avec les robots de traite »), le temps de tétée, les dérangements qui correspondent à des buvées incomplètes…

Une tétée insuffisante sur le PC invite à surveiller

Les veaux en retard sont alors vite identifiés. « Pour les plus petits, nous savons qu’il faut passer les pousser. Globalement, une tétée insuffisante nous invite à surveiller davantage. C’est peut-être l’annonce d’une baisse de forme ».

Croissance au rendez-vous

Au Gaec, le nouveau-né est laissé avec sa mère pendant 48 heures. « Pour favoriser la prise colostrale, la vache n’est traite que le lendemain de son vêlage. Nos efforts sur la conduite des taries – là où il faut investir pour la santé des veaux – paient : les prises de sang effectuées sur les veaux ont montré de bons résultats en termes de transfert d’immunoglobulines ». Le petit veau est ensuite élevé pendant cinq jours en case individuelle et nourri au biberon pour le préparer à la tétine du Dal. « Dans la pratique, son tout premier repas dans la nurserie est une buvée de réhydratant pour bien nettoyer son tractus digestif ».

Ensuite, l’animal intègre une case collective (généralement de maximum huit animaux) et le Dal prend le relais concernant la distribution lactée. Le système suit un plan d’alimentation optimisé. Deux buvées par jour au départ. Puis trois buvées quotidiennes. « À chaque repas, les animaux ont au moins 2 L pour être rassasiés. Cela évite le phénomène de tétée croisée. » Les deux dernières semaines, les animaux n’ont plus le droit qu’à une buvée quotidienne. Une fois que tous les veaux d’une case sont sevrés, ils sont transférés dans un autre bâtiment. Sur la ferme, les animaux mâles et croisés angus ou hereford sont tous conservés et valorisés en boeufs à l’herbe (60 animaux à viande vendus par an). « Au départ, ces derniers sont aussi élevés au Dal pour limiter la charge de travail mais bénéficient d’un programme allégé par rapport aux femelles laitières de renouvellement ».

Depuis l’arrivée du Dal, grâce à la précision de la préparation et de la distribution des buvées, les croissances se sont améliorées chez les jeunes animaux. « Il y a 19 ans, l’âge au premier vêlage était de 30-32 mois sur l’exploitation. Aujourd’hui, il est descendu à 25 mois ». Depuis cet été, le sevrage a été repoussé de 60 à 70 jours avec l’objectif d’aller chercher un premier vêlage à 24 mois, termine Jean-François Duruel.

Toma Dagorn

Étalonnage du Dal à chaque livraison de poudre

Le Lely Calm pèse automatiquement l’eau et la poudre et s’étalonne. « De notre côté, tous les deux mois, à chaque livraison d’aliment d’allaitement, nous effectuons nous-mêmes un réétalonnage – avant, c’était beaucoup plus souvent – car la densité de la poudre peut évoluer d’une fabrication à l’autre ou tout simplement avec les conditions météo de la saison…» La pesée de l’eau et la température sont contrôlées car la précision de la préparation de la buvée est primordiale : « Un mélange homogène et constant dans le temps, doublé d’une bonne hygiène, limite fortement les risques de problèmes sanitaires sur les jeunes animaux. Il y a ainsi très peu de problèmes de diarrhée chez nous. »


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