La haie, une ressource énergétique pour le territoire

Les chaufferies bois peuvent être une opportunité pour valoriser les haies bocagères entretenues par les agriculteurs.

Un groupe de personnes au pied d'un énorme tas de plaquettes de bois stocké sous un hangar - Illustration La haie, une ressource énergétique pour le territoire
Rés’agri organisait une rencontre le mardi 27 octobre à la plateforme de la SPL Bois Énergie Renouvelable à Quéven, pour découvrir les opportunités qu’elle peut représenter pour les exploitations agricoles.

La semaine dernière, quelques agriculteurs, soucieux de mieux valoriser leurs haies, ont visité la plate-forme de la SPL Bois Énergie de Quéven (voir encadré) et échangé avec Samuel Le Port, chargé de mission à la SCIC Argoat Bois Énergie qui organise une filière locale dans le Morbihan, à partir du bocage et de ressources forestières. Elle a été créée en 2013 entre collectivités, agriculteurs et acteurs de travaux forestiers.

30 agriculteurs à la SCIC Argoat Bois Énergie

Actuellement, une trentaine d’agriculteurs y adhèrent et produisent 4 500 tonnes de bois de haies chaque année. Une quinzaine produisent, stockent et livrent le bois. Les autres délèguent ces opérations. Six plates-formes sont à la disposition des agriculteurs qui ne peuvent pas stocker chez eux, dans le département.

Recherche de producteurs

La SCIC intervient à la fois comme organisateur de filière, acheteur de bois, coordinateur logistique, fournisseur de combustible et accompagnateur des producteurs et des projets de chaufferies. « Les haies sont gérées de manière durable », précise Samuel Le Port. « Elles doivent conserver leurs autres avantages : brise-vent, stockage de l’eau… ». Un kilomètre de haies entretenue fournit, en moyenne, 80 tonnes de plaquettes sur 15 ans. La SCIC livre 13 chaufferies et approvisionne également la SPL Bois Énergie de Quéven. « La demande augmente, nous sommes toujours en recherche de producteurs ». Il rappelle le bilan « énergie » de l’opération : « il faut 14 litres de carburant pour traiter une tonne de bois plaquette (abattage, débardage, déchiquettage, transport) et cette tonne équivaut à 360 litres de carburant ».

Bernard Laurent

De plus en plus de volume sur la plate-forme de stockage à Quéven

25 000 m3 de bois sont criblés et stockés sur la plate-forme de la SPL (société publique locale) de Quéven, chaque année, pour les besoins d’une quinzaine de chaufferies autour de Quimperlé, et dans l’agglomération de Lorient. « L’objectif est de doubler ce volume d’ici une petite dizaine d’année », indique Aurélien Caussanel, responsable de la plateforme, « La ressource existe et si tous les projets en cours aboutissent, nous traiterons 50 000 m3, soit 15 000 tonnes environ (3 à 4 m3 par tonne, selon le taux d’humidité) ». Un tiers du tonnage provient des haies bocagères, un autre tiers des coupes chez des particuliers et le reste provient d’achats à des forestiers (essentiellement du résineux). Le bois collecté est séché et criblé sous les 4 000 m2 de hangars de la SPL, construite en bois breton. Une autre plateforme ouvrira prochainement à Bannalec. La chaufferie la plus importante est celle du stade du Moustoir, à Lorient.


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