Une nouvelle étable avec litière bois

Le Gaec des Prairies, à Sulniac, est repassé en production conventionnelle l’an dernier. Pour autant, le système cultural n’a pas évolué. Les laitières sont plus productives dans un bâtiment neuf.

Un bâtiment d'élevage avec des vaches sur une litière de bois - Illustration Une nouvelle étable avec litière bois
Le Gaec travaille 118 ha de SAU, avec une salariée et un apprenti. Il ouvrait les portes de l’élevage lors des Innov’actions de juin. 


Le prix du lait, jugé trop faible, a eu raison de la production biologique au Gaec des Prairies. Pour un temps du moins car les terres sont toujours cultivées sans intrants. En parallèle, les 90 vaches ont migré dans un nouveau bâtiment où elles sont logées sur litière bois. De la fine de criblage, plus précisément, achetée chez un élagueur local. Les essais sur copeaux n’ont pas été concluants : « pas assez absorbants », selon Corentin Dréan, installé avec son père Jean-Luc, en 2021. Rajoutée régulièrement, la fine assure un bon confort aux laitières. « La litière est malaxée tous les jours, au vibro, sauf quand les vaches sont au champ jour et nuit. Ça ne prend que quelques minutes. L’étable est curée trois fois par an ». Les vaches ont passé deux hivers sur cette litière bois. « Les trayons sont faciles à laver, avant la traite ».

Du miscanthus en litière l’hiver prochain

Les 70 à 75 laitières disposent de 900 m2 (12 à 13 m2 en moyenne par vache). Les taries sont logées sur la même litière, à une extrémité du bâtiment. « L’an prochain, nous utiliserons du miscanthus en litière, pour son pouvoir encore plus absorbant. Il est plus cher (170 €/tonne vs 32 €/tonne pour la fine de bois) mais on en épandra beaucoup moins ». L’équipement de traite a été récupéré sur l’ancien site ; la salle actuelle compte 14 postes TPA en simple équipement. Le bâtiment est revenu à 650 000 euros, soit 6 500 €/vache, hors panneaux photovoltaïques installés sur les deux côtés de la toiture (orientation est-ouest). « La structure a été renforcée pour supporter le poids des panneaux, ce qui a occasionné un surcoût ».

En deux lots, sauf en période de pâturage

Le troupeau est conduit en deux lots pendant quatre mois en hiver et deux mois en été. « Le lot des fraîches vêlées ne sort pas à ces périodes de l’année pour éviter les transitions alimentaires trop importantes. Le lot des vaches plus avancées en gestation sort alors au champ, en journée ». En période de pâturage, les deux lots sont réunis. La production, d’environ 8 000 litres par vache, en système biologique, est passée à près de 11 000 litres actuellement. La ration à l’auge est constituée de maïs ensilage et épis, d’ensilage d’herbe et de correcteur (jusqu’à 22 kg de fourrages). En complément, elles reçoivent jusqu’à 5 kg de concentré, selon leur production. « Ce qui a changé, c’est que le prix du tourteau de soja conventionnel est beaucoup moins élevé que le bio. Du coup, on en utilise beaucoup plus ».

Pesée des génisses

Les éleveurs accordent une importance particulière à la période de préparation au vêlage, en deux lots. « Depuis que nous avons peaufiné la ration (25 jours précédant le vêlage), il n’y a pas de problème sanitaire (délivrances, fièvres de lait) et le colostrum est de bonne qualité ». Les vaches vêlent toute l’année et les génisses à 26 mois de moyenne. « L’objectif est de faire vêler à 24 mois à un poids de 620 kg. Elles sont désormais pesées tous les mois au champ de manière à valider une méthode. Une fois l’objectif atteint, on cessera les pesées ». Toutes les femelles sont génotypées. Les trois quarts d’entre elles sont inséminées en semence sexée. Les autres sont en croisement viande. Un quart des vaches sont inséminées en pur (semence conventionnelle ou sexée) et les trois quarts en croisement. Les vaches sont équipées de colliers de détection des chaleurs.

Bernard Laurent

30 hectares de maïs désherbés mécaniquement

Généralement, un maïs est implanté après prairie suivie d’un méteil fourrage, avant un second maïs et retour à la prairie. Deux passages de herse étrille et un binage sont réalisés. Une dizaine d’hectares sont ensilés et une vingtaine sont récoltés en épis. Cette année, un mélange de maïs et de sorgho a été semé sur 8 hectares.

Un stabilisateur dans la ration mélangée

Le Gaec utilise un stabilisateur dans la ration mélangée pour gagner du temps : cinq distributions par semaine pour les laitières, dont une pour le weekend, au lieu d’une par jour. Les taries ont une distribution tous les cinq jours au lieu d’une tous les deux jours. Le coût du stabilisateur est évalué à 3 600 € par an pour le troupeau. En face, les plus de 200 distributions économisées par an permettent une économie de temps de travail estimée à 1 300 € (au Smic horaire pour 30 minutes de gain par mélange). La valeur alimentaire de la ration est également augmentée (0, 01 UFL/kg) et la quantité de refus est moindre. Au total, le fournisseur estime le gain à 5 330 euros par an pour le troupeau.


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