Le robot, miracle des champs

Ils seront 8 en démonstration sur différentes cultures de légumes de plein champ : des robots et des machines de désherbage vont être présentés à Cléder (29).

Un robot de désherbage dans un champ de légumes - Illustration Le robot, miracle des champs
Florian Le Jeune s'est équipé cette année du robot Maverick | © Paysan Breton – F. Paranthoën

C’est une démonstration de grande ampleur qui se prépare sur les terres de Florian Le Jeune, à Cléder (29) : 6 machines et 2 prototypes s’exerceront au désherbage de diverses cultures, plantées ou semées (voir encadré). Ces nouvelles technologies, en partie commercialisées, répondent à la question centrale des besoins et de la gestion de la main-d’œuvre. Le légumier a préparé une plateforme comprenant dans une même parcelle carotte et panais, des salades ont été plantées à proximité.

Après le passage du robot, on va 4 fois plus vite

Depuis cette année, l’agriculteur s’est équipé du robot Maverick de chez Odd.Bot, qu’il utilise sur ses cultures les plus gourmandes en personnel. « L’an passé, sans ce robot, nous étions 30 à sarcler les carottes et les panais pendant un mois. Le mois de juin est très important au niveau désherbage, il faut intervenir à un stade précis. Si on ne respecte pas ce jour d’intervention, on ne peut pas suivre la gestion de l’enherbement pour la suite de la culture ». Aussi, intervenir trop tard quand les adventices sont développées déforme les racines. C’est pourquoi cet investissement change son approche culturale : le robot ne retire pas toutes les mauvaises herbes, mais son passage permet « aux équipes d’aller 4 fois plus vite. C’est aussi beaucoup moins pénible, sarcler est un travail très fastidieux ».

Préparer l’espace pour le robot

Au vu de l’investissement dans ce type de machine robotisée, « il faut le solliciter le maximum de temps, jour et nuit, week-end compris. Il sera utilisé cette saison entre juin et le 14 juillet, restera remisé le reste de l’année ». Pour faire travailler son robot un maximum de temps, le maraîcher change régulièrement les batteries, qui ont une autonomie de 8 heures. Aussi, en amont, Florian Le Jeune a bien préparé ses parcelles, avec des buttes bien faites, un semis réalisé avec précaution, des tours de champs plats, car le Maverick demande 4,5 m pour pouvoir effectuer son demi-tour. En action, si la ligne de semis n’est pas complète sur une certaine distance, il se mettra en alarme. « J’ai commencé par des petites séries de carotte botte pour me faire la main ». Depuis, l’utilisation de l’engin est bien maîtrisée, un premier bilan sera tiré en juillet. Cette ferme légumière biologique produit 25 légumes différents, les carottes et les panais représentent 15 % du chiffre d’affaires.

Fanch Paranthoën

Rendez-vous le 25 juin

En collaboration avec la Cuma Bretagne, le Caté et la SAS le Saout, la démonstration de désherbage au champ se tiendra le jeudi 25 juin au lieu-dit Coat Moualch à Cléder, de 14 h à 17 h. Cet essai au champ concernera des cultures semées : carotte, panais, ainsi que des cultures plantées, comme de la salade. Les machines prévues au programme sont : Odd.Bot Maverick, Ferrari TwistWeed, Ara Ecorobotix, Feldklasse Pacorel, Feldklasse Zurama, Andela ElectroWeed, ainsi que les prototypes Ecorobotix et Laser Forigo. Inscription et vidéo en cliquant ici

Diminuer la part de plastique

Semis ou plantation ? Chaque itinéraire défend ses intérêts. Avec certaines espèces, le fait d’avoir recours à un semis enlève les contraintes pour les racines, « la continuité de croissance est meilleure. C’est le cas pour les oignons : on choisit la plantation pour gagner en précocité, on sème pour une meilleure conservation », estime Anthony Brulé, responsable équipe légume et cultures spécialisées à la Chambre d’agriculture. Avec les nouveaux outils, « on commence à toucher du doigt des solutions de désherbage de cultures semées avec des niveaux d’efficacité non imaginables il y a quelques années ». De son côté, Florian Le Jeune trouve que les semis « sont plus difficiles à garder propres ». En prenant en exemple un fenouil en mottes sous plastique, « le désherbage est plus simple. Mais ce plastique coûte dans les 1 000 €/ha. Trouver des bineuses qui font le tour des plants est très intéressant, on peut se passer de plastique ».


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