L’organisation de producteurs Lactéa, ancienne OP du groupe Triballat, a vu le jour le 10 mars 2026. Elle se structure autour de deux sections distinctes : une pour la Sill et une pour Savencia. Cette dernière a accueilli 45 nouveaux adhérents depuis février, représentant un volume supplémentaire de 40 millions de litres de lait. Parmi ces exploitations, certaines ont démissionné de leur précédent contrat, tandis que d’autres ont rejoint Lactéa à l’échéance du leur. « La situation était insoluble », introduit Fabrice Guérin, agriculteur à Louvigné-du-Désert et président de l’OP Lactéa. « Le rapprochement avec l’OP Triballat et les échanges avec Savencia ont été menés dans le but d’offrir des perspectives et de la lisibilité aux producteurs. » Sans volume ni prix, difficile en effet de se projeter, de signer des projets, d’obtenir la confiance de ses partenaires bancaires, de s’installer ou même de céder son exploitation. Le contrat-cadre a été signé à Louvigné-du-Désert, à la croisée de l’Ille-et-Vilaine, de la Mayenne et de la Manche. La commune est un véritable bastion de l’élevage laitier : 32 exploitations, dont 22 qui livrent à Savencia.
Le contrat est voué à évoluer
Trois axes majeurs
« Le contrat n’est pas encore abouti, il est voué à évoluer », affirme Fabrice Guérin. « Il est cependant bâti sur trois axes : un volume de départ clair, une formule de prix encadrée, et une valorisation du travail des éleveurs. » Ainsi, les nouveaux installés bénéficient de 200 000 litres de lait supplémentaires, assortis d’un complément de prix de 8 €/1 000 litres pendant les 36 premiers mois. Les taux, et notamment la matière grasse, sont également valorisés. Le point de TP est à 4,8 €, tandis que le TB varie entre 3,3 et 4,8 € selon qu’il est inférieur ou supérieur à 42. « Il y a également une prime de 1 €/1 000 L pour les producteurs en collecte 72 heures et une de 2 €/1 000 L pour les exploitations ayant vacciné contre la FCO et la MHE. »
404,50 €/1 000 L
Pour les mois d’avril et mai, le prix de base est fixé à 404,50 € pour la Bretagne et les Pays de la Loire, et à 400 € pour la Basse-Normandie. Ce prix est basé sur le PGC France et sur l’intégration de la valorisation beurre-poudre. « Nous avons retrouvé un cadre de négociation », se réjouit Fabrice Guérin.
Alexis Jamet
Une alternative à Ouest Lait
« Nous ne nous positionnons pas comme un concurrent de Ouest Lait, mais comme une alternative », insiste Fabrice Guérin. « Nous voulons surtout élargir le champ des possibles pour les producteurs. » Aujourd’hui, l’OP reste ouverte à de nouveaux adhérents, « qui auront fait leur choix de manière autonome. »

