Tout a commencé il y a sept ans lors d’une visite au salon EuroTier. Olivier Raulo, éleveur de porcs à Loudéac (22), découvre les maternités avec sevrage sur place. « Ce système permet d’économiser un lavage et un déplacement, soit deux jours de travail toutes les 3 semaines », explique-t-il. « Les porcelets sont aussi moins stressés et cela se répercute sur le poids à l’abattage. »
La manipulation est simple et sécurisée
Après plusieurs années de réflexion, de visites d’élevage et d’échanges avec des partenaires, le Costarmoricain se lance : il fait construire une maternité liberté avec sevrage sur place de 144 places (4 x 36) et une verraterie-gestante liberté de 240 places (6 x 36). Le projet représente un investissement de 2 millions d’euros. Les premiers animaux arriveront dans le bâtiment mi-mars. L’élevage compte 250 truies naisseur-engraisseur et est conduit en sept bandes avec sevrage à 28 jours.
Une maternité évolutive
Chaque case mesure 7,5 m2 et est équipée d’un nid avec chauffage par plaque et capot amovible permettant de faire les soins depuis le couloir. « La case est complètement évolutive », raconte Olivier Raulo. « Les bat-flanc sont amovibles sur les côtés et on peut passer facilement de la position truie bloquée à truie libre et, enfin, à post-sevrage. La manipulation est simple, sécurisée et ne demande pas de force, contrairement aux systèmes avec les bat-flanc qui se relèvent. »




Concernant l’alimentation, une auge commune à la truie et aux porcelets est positionnée au sol et est espacée de 30 cm du mur afin de faciliter la circulation des animaux. « Ce système permet d’habituer les porcelets à manger le même aliment que leur mère par mimétisme », ajoute l’éleveur. La distribution de la soupe est assurée de manière automatisée par le Spotmix, de chez Schauer. Une sonde d’interrogation permet de savoir si le repas a été mangé et si une nouvelle dose est nécessaire. L’abreuvoir est, quant à lui, à flux constant. Une fois la truie partie, un chauffage à tuyaux Spiraflex prendra le relais pour garantir une température optimale aux porcelets sevrés. Ces derniers resteront donc dans la même case de la naissance à 30 kg. « Je ne vais pas faire de sociabilisation pour limiter le stress », précise Olivier Raulo. « Ils resteront entre frères et sœurs en engraissement également. »
De l’espace et de la lumière
« La verraterie gestante est un bâtiment grand volume très lumineux », affirme l’agriculteur. « Nous avons fait le choix de grandes fenêtres et d’un bandeau sur le toit pour apporter un maximum de lumière naturelle. » Cette verraterie est dite tournante : une fois les truies sevrées, elles viennent dans les réfectoires disponibles. Ces derniers sont autobloquants et contiennent l’animal pendant l’insémination et les chaleurs. Si toutes les truies sont pleines à l’insémination, elles restent sur place jusqu’à la prochaine mise bas. L’éleveur a également installé des panneaux pleins qui servent de couloir au verrat et qui évitent aux autres bandes d’être mouillées pendant le lavage d’une bande. Le sol est en caillebotis fil pour une meilleure hygiène.
Alexis Jamet
Financement et plus-value
Le projet d’Olivier Raulo est soutenu financièrement par Bigard, qui abat la totalité des animaux de l’élevage, ainsi que par Lidl, partenaire de Porc Armor, le groupement auquel adhère l’agriculteur. Concernant Lidl, Olivier Raulo a répondu à un appel à projets dédié à l’amélioration du bien-être animal dans la filière porcine. Il fait partie des 14 lauréats et bénéficie d’une aide de 5 € par porc et par an sur une période de 5 ans. Bigard n’a pas souhaité communiquer de montant mais annonce « un accompagnement à long terme, sur la durée des amortissements. » Avec son nouveau bâtiment, l’éleveur prévoit des économies d’aliment, d’eau (géomembrane de 240 m3 pour collecter les eaux de gouttières) et d’énergie, car le chauffage des salles de PS n’est plus nécessaire. « Mes résultats technico-économiques sont déjà très performants », ajoute l’agriculteur. « Mon objectif est de les maintenir mais s’ils progressent, cela ne sera que du bonus. »

