Depuis maintenant 5 campagnes d’arrachage de betterave, l’ETA Graignic Frères de Pont-Scorff (56) peut compter sur sa machine Grimme Rexor 620, achetée dans le nord de la France. L’entreprise s’est lancée dans cette activité en 2012. « Nous travaillions en local. Depuis que nous avons cette arracheuse, les surfaces ont été multipliées par 4 pour atteindre 250 ha », détaille Adrien Carré, chauffeur de cette ETA. Le procédé d’arrachage semble être un des points forts apprécié par le salarié, la roue brevetée nommée Oppel par le constructeur allemand « ne pince que la betterave dans son rang. Elle avale alors beaucoup moins de terre et de cailloux, même en conditions humides. Aussi, pour les parcelles sales, on arrive mieux à s’en sortir ». Auparavant utilisée sur des chantiers de récolte de betterave sucrière, cette intégrale s’est reconvertie en Bretagne et effeuille, arrache, déterre et stocke dans sa grande trémie d’une capacité de 20 t les racines-fourrage. En se déplaçant en crabe, l’outil préserve un peu plus la structure des sols, les roues arrière n’empruntant pas le même chemin que celles de l’avant.
Le procédé d’arrachage est un point fort
« La saison de récolte est étalée sur 6 mois ; elle démarre en octobre pour se terminer à la mi-mars. Souvent, les chantiers se font en 2 fois. Nous récoltons en moyenne 7 à 8 ha par jour, notre clientèle cultive environ 3 ha chacun ». Dans certaines exploitations, ce chiffre augmente, des éleveurs laitiers n’hésitent pas à semer une quinzaine d’hectares.
De 80 à 110 t de stock
Parmi les 60 clients en arrachage de betterave de l’ETA Graignic, on compte Olivier Jaffré, associé avec son épouse Marie-Laure dans le Gaec Flaval de Landaul (56), qui utilise de la betterave dans la ration des 110 vaches laitières depuis 8 ans. Introduite entière dans la mélangeuse, cette espèce « apporte des taux dans le lait, de la santé sur les animaux : c’est une sorte de cure d’hépatoprotecteur, de désintox ». Les 4 ha de la sole consacrés à cette culture produisent plus de 100 t brut. « Cette année, en raison d’une période sèche, nous en avons récolté 80 t. Elles sont stockées en tas, protégées par une toile identique à celle utilisée sur le silo de maïs. Ainsi, elles sont protégées du froid, tout en respirant ». Pour la distribution, les betteraves sont étalées à même le sol du silo, un tri manuel vient retirer les cailloux pour éviter de détériorer le matériel. « Elles sont plus petites cette année et arrivent entières à l’auge. Nous en distribuons 1,5 t chaque jour ». Le dernier chantier d’arrachage a été effectué au début février, « sans problèmes particuliers avec l’arracheuse. Pourtant, il est tombé ici 480 mm depuis le 1er janvier », signale l’éleveur. Au niveau choix variétal, l’agriculteur préfère utiliser des semences de Laurena KWS, variété très enterrée, ce qui lui confère une très bonne aptitude de conservation au champ. « Quand l’hiver est froid, les feuilles retombent sur les betteraves et les protègent. Nous faisons arracher en 4 passages, pour pouvoir en distribuer jusqu’au mois de juin », conclut le Morbihannais.
Fanch Paranthoën
Soigner les semis
« Nous semons environ la moitié des betteraves que nous récoltons », estime Adrien Carré. Pour l’implantation de la culture, le responsable a changé ses pratiques. « Nous ne semons plus au combiné, car nos clients préparaient avant le semis les sols, la terre était beaucoup trop fine. Nous sommes passés à un semoir de 12 rangs de 6 m de large, sans herse rotative. La graine est déposée dans la terre préparée, dans le frais ». Concernant cette saison qui s’achève, le chauffeur fait remarquer que les conditions ont été sèches à maturité, « mais je m’attendais à pire : certains clients ont récolté 140 t brutes/ha. C’est une culture très appréciée quand elle est bien menée, qui repart très vite quand des pluies succèdent à des conditions sèches ». Les 25 derniers hectares vont prochainement être arrachés, les prochains semis vont arriver vite, les implantations commenceront en avril.

