Plus de confort avec un laboratoire isolé

À la chèvrerie de la Poterie, à Dingé (35), l’énergie est au centre des préoccupations. Benoît Renouard, installé avec Catherine Boiteux, démarre sa 4e saison de transformation fromagère avec leurs 60 chèvres alpines, anglo-nubiennes et poitevines. 

20313.hr - Illustration Plus de confort avec un laboratoire isolé
Benoît Renouard dans sa nouvelle chèvrerie, à Dingé (35).

À l‘installation, la chèvrerie et le laboratoire de transformation de 70 m2 ont été créés. « Les notions de dépendance énergétique et de quantité de travail fourni par la quantité d’énergie peu chère » sont chères à Benoît Renouard. Avant de s’installer agriculteur, il commence par autoconstruire sa maison passive.

Dans une logique d’autonomie et de baisse de l’empreinte carbone

Plafonds et murs isolés

Dans une logique d’autonomie et de baisse de l’empreinte carbone, la fromagerie suivra les mêmes éléments techniques à la construction, avec une dalle isolée au sol et sur les côtés pour assurer la masse thermique et avec des solives de 20 cm remplies de chanvre en vrac au-dessus de la zone de fabrication et de l’extension de 20 m2, munie d’une porte étanche permettant de climatiser les deux zones.  « En 3 ans, le chiffre d’affaires a doublé, le volume de lait traité aussi… permettant de transformer 36 000 L de lait. » Depuis l’installation, un double sas a été ajouté. « C’est une bonne idée car comme nous travaillons en pot de verre consigné, on a besoin de place. Le 1er sas est aussi devenu une véritable extension technique, accueillant un frigo pour les retours de marché. » Cette construction, non isolée, répond à la température extérieure par rapport aux autres zones, « et nous permet de jouer avec les températures selon les procédés de fabrication et les saisons. »

Sur les côtés, ils ont opté pour des panneaux sandwich de 10 cm. Et un bardage extérieur protège de la perte par les flux extérieurs (vent).  « Cela a-t-il représenté un surcoût à la construction ? Pas vraiment. Pour des raisons de stockage, j’aurais réalisé le solivage. J’ai récupéré du chanvre du chantier de la maison, quant aux heures de travail, ce n’est pas si important. » Et au-delà des économies possibles, l’éleveur insiste sur le confort apporté par la masse thermique qui fait tampon, « agrémenté d’un laboratoire ouvert sur l’élevage et très lumineux grâce à la lumière naturelle. On travaille suffisamment d’heures pour pouvoir s’autoriser des conditions de travail correctes. »

Du solaire pour préchauffer l’eau

Le second point de consommation énergétique sur lequel il réfléchit concerne les équipements. Le groupe froid fonctionne en continu, la consommation est non négligeable mais avec des appels de puissance assez faibles, la machine à traire tourne moins longtemps mais avec des besoins énergétiques plus importants, le chauffe-eau représente environ la même consommation que la salle de traite.

Par contre, certains équipements sont très énergivores comme le lave-vaisselle (18 kWh en chauffe et 3 kWh  en brassage). « Pour des raisons sanitaires, on souhaite monter haut en température ». Ils ont ainsi pour projet d’investir sans un chauffe-eau solaire pour avoir un préchauffage de l’eau et approvisionner le lave-vaisselle avec de l’eau chaude. « Comparés au bovin lait, les petits volumes transformés en production caprine – jusqu’à 180 L /jour –  réduisent les possibilités. » 

Un filtre calcaire à particule contre la dureté de l’eau

En 2,5 ans, Benoît Renouard a déjà changé les résistances triphasées de son lave-vaisselle. Un investissement identique sera à prévoir dans peu de temps sur les résistances de nombreux équipements (yaourtière, cuve fromagère, chauffe-eau…) à cause de l’eau très dure. Un filtre à particules (3300 € HT environ) a été installé. « On a observé de grandes différences sur le travail en laboratoire », note Benoît Renouard, avec une amélioration de la qualité de l’eau et une plus grande efficacité des rinçages.

L’énergie au cœur du forum circuit-court le 11 juin

Le 11 juin, la Chambre d’agriculture propose de 10 h 30 à 16 h 30 le Forum des circuits courts à la Maison de l’agriculture à Plérin (22) : un temps fort pour faire le plein d’idées et de contacts et trouver des solutions pratiques avec 25 entreprises & partenaires où le thème de l’énergie sera développé. En parallèle, les organisateurs proposent une découverte d’ateliers en circuits courts à proximité, le matin : chèvrerie, huilerie, savonnerie. Mercredi 12 et jeudi 13 juin, des webinaires seront proposés (https://urlz.fr/qQwU).


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