La Bretagne agricole restera-t-elle une terre d’élevage ?

La rédaction de Paysan Breton interroge Loïg Chesnais-Girard, président de la Région Bretagne, et André Sergent, président de la Chambre d'agriculture de Bretagne autour de 4 thèmes.

18736.hr light - Illustration La Bretagne agricole restera-t-elle une terre d’élevage ?
Le président de la Région Bretagne Loïg Chesnais-Girard à la rencontre de jeunes passionnés par l’élevage, au Space, en septembre 2023.

La Bretagne agricole est avant tout une terre d’élevage. Dans le contexte actuel de baisse des productions animales, le cap ambitieux de 1 000 installations par an fixé par la Région est-il toujours d’actualité et tenable ? Loïg Chesnais-Girard : Oui, les 1 000 installations par an sont toujours d’actualité. Il y a 2 500 porteurs de projets qui poussent la porte d’un Point accueil installation chaque année. Nous ne manquons donc pas de candidats. Il y a un effort spécifique à faire pour l’installation en élevage, et en particulier en bovin lait car c’est là qu’il y a le plus d’exploitations à reprendre. Chacun détient une partie de la solution : les pouvoirs publics et les Chambres bien sûr, mais aussi les coopératives et les transmetteurs eux-mêmes.André Sergent : La Bretagne est une région d’éleveurs et de légumiers. Je souhaite ardemment qu’elle le reste. Le CESE* vient de plébisciter la polyculture-élevage dans un récent rapport, ne détricotons pas notre atout. Je partage la nécessité d’un cap ambitieux pour stopper l’hémorragie et impulser un rebond, au regard de la démographie actuelle. Je crois au volontarisme sans lequel on se contente d’être spectateur, un volontarisme responsable, engagé au-delà d’objectifs chiffrés. En responsabilité, on est surtout comptable de ceux qui sont derrière les chiffres : des agricultrices et agriculteurs qui gagnent bien leur vie, ont de bonnes conditions de travail et peuvent investir en confiance. Notre métier est clairement moins héréditaire. Nous devons donc accueillir des profils aux parcours plus divers, qui ont envie d’entreprendre, de produire, d’explorer de nouvelles voies. De plus, compte tenu de l’agribashing ambiant est-il encore souhaitable d’inciter des jeunes à s’installer au risque qu’ils soient stigmatisés comme on le voit dès lors qu’ils ont des projets de construction de bâtiment, de modernisation ou d’agrandissement de leur élevage ? A.S. : Le sens et la reconnaissance sont indispensables…

Cet article est réservé
aux abonnés numériques

Je me connecte


Fermer l'écran superposé de recherche

Rechercher un article