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Le salon de la bio fait son retour

La terre est notre métier, le salon des professionnels de la bio dont le CMB est partenaire, se tiendra à Retiers (35), les 21 et 22 septembre. Le point avec Antoine Besnard, chargé de communication à la Fédération régionale des agrobiologistes (FRAB).

Comment est né La Terre est notre métier ?

Antoine Besnard, chargé de communication à la Fédération régionale des agrobiologistes. (Copyright : Matthieu Chanel)

Le salon est né en 2001 sur la Foire Ille et Bio, qui se déroulait alors à Guichen. Notre but était de créer un endroit d’échanges entre producteurs bio, de faire se rencontrer les différents acteurs de l’agriculture bio sur un même lieu (producteurs, distributeurs, transformateurs, organismes de développement, machinistes…) et de montrer leurs savoir-faire, leurs techniques, leurs métiers à une époque où l’agriculture biologique était largement minoritaire et souffrait d’une image un peu passéiste.

Vous en êtes à combien d’éditions ?

En 2014, nous avons pris un tournant afin de renforcer le côté professionnel de notre événement. Nous l’avons déplacé en semaine, sa périodicité a été revue – le salon a dorénavant lieu tous les deux ans – et il se déroule sur un nouveau lieu, à Retiers, depuis 2016. Ce qui fait que nous en sommes à notre 17e édition, en comptant celle qui a été annulée en 2020. Nous sommes vraiment impatients d’ouvrir à nouveau les portes du salon après quatre années d’absence.

Comment faire pour se renouveler à chaque fois ?

Nous avons grandi au même rythme que l’agriculture biologique, en collant à l’actualité des paysans bio et en répondant à leurs préoccupations de terrain. On a évolué d’abord en grossissant, en organisant plus de conférences, plus de démonstrations, en accueillant plus d’exposants et de visiteurs, puis en repositionnant l’événement pour en faire un salon incontournable dans l’Ouest. Ensuite, nous avons exploré des thématiques, en mettant en place un cabaret des savoir-faire paysans, puis un Pôle Sol. Avec un esprit de pionniers, nous avons également mis en place un Pôle La bio au féminin qui interroge le thème de l’égalité homme-femme dans le monde agricole.

Quelles sont les nouveautés 2022 ?

Nous gardons notre ADN avec plus de 50 conférences et un Pôle technique et démonstrations de 6 hectares. Parallèlement à nos « classiques », nous ajoutons cette année un Pôle Climat, qui permettra d’échanger mais aussi de partager des savoirs et savoir-faire de manière plus ludique avec des quiz et des diagnostics de ferme en direct. Une place importante sera faite à l’arbre avec visite d’une parcelle d’agroforesterie, des conférences thématiques et des diagnostics haies. Enfin, nous mettons en place un Pôle désherbage mécanique avec des démonstrations et des ateliers sur la découverte et le réglage des outils car c’est une pratique qui peut actuellement trouver sa place dans tous les systèmes agricoles.

Combien d’exposants sont attendus ?

Nous accueillerons cette année 140 exposants, venant de France, d’Allemagne, de Suisse et d’Italie.

Quelle est la fréquentation moyenne du salon ?

La fréquentation est passée de 6 000 à 8 000 visiteurs entre les éditions 2016 et 2018. Et nous visions 10 000 visiteurs en 2020, avant l’annulation. Un cap que nous aimerions bien atteindre cette année. Mais il est difficile de se fixer sur un chiffre, car le Covid est passé par là.

Quel public visez-vous ?

Nous avons un public 100 % professionnels constitué à 70 % d’agriculteurs biologiques et conventionnels. Nous accueillons également de nombreux porteurs de projet, ainsi que des scolaires. Ils seront environ 2 500 sur les deux jours du salon. C’est important pour nous de les sensibiliser à la bio car ce sont eux qui dessineront le paysage agricole de demain.

Qu’est-ce qui fait l’âme de ce salon ?

Ce qui nous a toujours motivés, c’est la convivialité, le partage. L’envie de faire découvrir la bio, de partager des savoirs et savoir-faire, des techniques, un schéma de pensée différent, le tout dans la bonne humeur. C’est d’ailleurs ce qui guide l’ensemble des actions du réseau des agriculteurs bio de Bretagne.

En 2021, une baisse de la consommation des produits bio a été enregistrée pour la première fois. Est-ce que cela se ressent sur la dynamique de la filière ?

Dans son développement, l’agriculture biologique a toujours connu des effets de palier. Il y a eu un pic de croissance très important ces dernières années, aussi bien en termes d’installation que de conversions.
Ce changement d’échelle avec l’arrivée de nouveaux acteurs – qui ont pu voir dans la bio des opportunités de développement –, associé à un pic de consommation durant les confinements, a boosté la consommation bio. Aujourd’hui, on est sur un effet palier qu’accentue la sortie de la crise sanitaire. Si les conversions se tassent, la dynamique d’installation est toujours forte et c’est elle qui pousse le développement de la bio désormais. Le projet du réseau de la Fédération nationale d’agriculture biologique Fnab va au-delà de la dimension agricole ou économique, nous portons un projet de société. Et comme l’explique Philippe Camburet, président de la Fnab : « Il s’agit bien parfois de tenir tête au défaitisme, en partageant des points de vue sur la préservation des biens communs ou sur le sens de nos valeurs communes, et ainsi de trouver une mutualisation des ressources de chacun(e) qui nous assure une bio solidaire et nous fasse développer l’agriculture des solutions. »

Propos recueillis par Jean-Yves Nicolas

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