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La carte du territoire, un atout maître

La Caisse de Bretagne de Crédit Mutuel Agricole tenait son assemblée générale annuelle la semaine passée. Une CBCMA qui fut hier à l’origine du Crédit Mutuel de Bretagne. Et qui inspire aujourd’hui la refondation d’Arkéa, groupe coopératif, mutualiste et territorial.
« La proximité entre administrateurs et salariés porte ses fruits dans notre coopérative. Nos résultats en témoignent », Christian Péron, président de la Caisse de Bretagne de Crédit Mutuel Agricole. 
« La proximité entre administrateurs et salariés porte ses fruits dans notre coopérative. Nos résultats en témoignent », Christian Péron, président de la Caisse de Bretagne de Crédit Mutuel Agricole.

« Les paysans sont de retour ! » Le cri de ralliement de la mythique équipe d’En Avant Guingamp, celle de Didier Drogba, Florent Malouda, Coco Michel et Stéphane Carnot, était à l’honneur la semaine passée. En effet, après une première édition en 2014 – l’année du deuxième sacre des Rouge et Noir en Coupe de France -, le stade du Roudourou accueillait à nouveau, le 30 mai, l’assemblée générale de la Caisse de Bretagne de Crédit Mutuel Agricole (CBCMA). Présidée par Christian Péron, la branche agricole du CMB affiche aujourd’hui 92 printemps au compteur. Mais elle a conservé un entrain de jeune première. Fidèle à sa vocation, la Caisse de Bretagne continue, à travers ses administrateurs – « tous professionnels de l’agriculture » – à œuvrer en faveur du développement de l’agriculture bretonne.

« Le futur du CMB rimera avec indépendance. Et c’est un futur qu’il me tarde de conjuguer au présent », Philippe Rouxel, directeur général du Crédit Mutuel  de Bretagne.
« Le futur du CMB rimera avec indépendance. Et c’est un futur qu’il me tarde de conjuguer au présent », Philippe Rouxel, directeur général du Crédit Mutuel de Bretagne.

Représentant le CMB auprès des organisations professionnelles agricoles et des services spécialisés de l’État, les élus de la CBCMA sont également très impliqués dans la définition et la mise en œuvre de la politique agricole du CMB. Un mode de fonctionnement des plus pertinents à en juger par les résultats dévoilés lors de l’assemblée générale. Rappelant « l’exercice de référence » réalisé globalement par la banque coopérative et mutualiste en 2017, Philippe Rouxel souligne la très bonne dynamique enregistrée en agriculture. « Près de 1 300 nouveaux clients agriculteurs nous ont rejoints. À peu de chose près, une exploitation sur deux a aujourd’hui un compte actif au CMB, soit une progression de 2,4 % ». La proportion de jeunes agriculteurs qui s’installent avec le concours du CMB progresse également. L’an passé, 40 % d’entre eux ont ainsi choisi le CMB pour accompagner leurs premiers pas professionnels, soit le meilleur niveau jamais atteint depuis la banalisation de la distribution des prêts bonifiés en 1990.

Installation comprise

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Dès l’école primaire, Cécile de Saint-Jan avait choisi sa voie professionnelle. « Mes parents étaient éleveurs de porcs mais j’avais des oncles et tantes exploitants laitiers. Et c’est ça que je voulais faire ! » Sa licence en poche, elle travaille quelque temps au contrôle laitier avant de se mettre en quête d’une exploitation où s’installer en compagnie de son époux agriculteur. La jeune femme n’a pas à chercher bien longtemps. Parmi les fermes qu’elle a suivies figure celle de Jacqueline et Georges Rouillé. L’heure de la retraite venue, le couple d’exploitants de Saint-Vran cherche justement des repreneurs. Et de tous les candidats rencontrés, c’est Cécile, à la bonne humeur et à l’énergie communicatives, qu’ils préfèrent. Le CMB est sollicité pour financer l’installation. Nicolas Pelé, chargé de clientèle agricole, se charge de l’analyse du dossier. « Il y avait des possibilités de développement en limitant les investissements. Cécile avait l’avantage de déjà connaître l’exploitation. Et puis ce n’était pas seulement un projet professionnel, c’était aussi un projet de vie, une aventure familiale ». Alors, banco ! Au-delà de leur témoignage sur cette installation particulièrement réussie, les protagonistes de la table ronde insistent tous sur l’intérêt de s’y prendre suffisamment tôt. « Il faut préparer le terrain », soulignent Jacqueline et Georges. « Même si les choses se passent bien, établir un protocole sur le papier permet de tout lister en amont », précise Cécile. Nicolas, lui, estime ainsi qu’un bon accompagnement « débute au minimum 6 mois à un an avant la reprise ». L’anticipation, clé du succès…

Une belle trajectoire

À l’évocation de tout ce chemin parcouru, Christian Péron ne cache pas sa fierté. « Je suis toujours admiratif devant la capacité de ce groupe à se mobiliser et à aller de l’avant ». Et le président de la CBCMA de citer la rapidité avec laquelle le CMB s’est emparé de sujets d’avenir tels que la méthanisation ou la réduction des gaz à effet de serre émis par les ruminants (démarche éco-méthane en partenariat avec l’association Bleu-Blanc-Cœur). Toujours dans le même esprit, une solution de portage du foncier sera bientôt dévoilée, « cette formule permettra à un jeune d’acquérir des parcelles stratégiques pour le fonctionnement de sa structure ». Résolument tourné vers le futur, le CMB entend poursuivre sa belle trajectoire en agriculture. Et pour ce faire, il pousse les feux sur la digitalisation tout en restant fidèle à sa stratégie centrée sur le client. Car la relation avec le sociétaire reste, bien sûr, une marque de fabrique « maison ». « Une approche authentique, à la fois humaine et professionnelle », que les dirigeants de la Caisse de Bretagne attribuent au bon fonctionnement du binôme administrateur-salarié et aux multiples synergies existant entre la CBCMA et le CMB.

Agrigame

AgrigameOuvert à tous les établissements d’enseignement agricole, le concours Agri Game proposait cette année aux participants de réaliser une vidéo d’une durée maximale de 2 minutes 30 sur le thème « Croire en l’agriculture bretonne ». Déjà lauréats dans le Morbihan, les élèves de la MFR de Questembert ont également décroché le prix régional décerné à l’occasion de l’assemblée générale de la Caisse de Bretagne. Soit une somme totale de 2 000 euros pour financer un voyage de fin d’études.

Jean Pierre Denis, président du Crédit Mutuel de Bretagne et d’Arkéa l’a réaffirmé avec force : le groupe « est et restera une banque territoriale, coopérative et mutualiste ».
Jean Pierre Denis, président du Crédit Mutuel de Bretagne et d’Arkéa l’a réaffirmé avec force : le groupe « est et restera une banque territoriale, coopérative et mutualiste ».

Territorial, coopératif et mutualiste

L’avenir d’Arkéa, Jean-Pierre Denis l’aborde sans détour. « Aujourd’hui, on ne parle plus de projet d’indépendance mais d’indépendance tout court ! Lors de la consultation organisée à grande échelle au printemps, près de 98 % des caisses bretonnes ont fait ce choix. Et il n’y a rien qui puisse être au-dessus du vote des coopérateurs ! » Pour le président d’Arkéa et du Crédit Mutuel de Bretagne, cette décision est d’ailleurs conforme à toute l’histoire du groupe et à son identité profonde. « À travers la Caisse de Bretagne, nous possédons un ADN agricole dont nous sommes fiers et que nous revendiquons haut et fort. Et c’est indissociable de ce que nous voulons être : une banque qui cultive la proximité et l’ancrage local ». Arkéa trace ainsi sa route en restant fidèle à ses valeurs et à ses territoires. « Arkéa est et restera une banque territoriale, coopérative et mutualiste.

Et notre groupe continuera à être présent aux côtés de l’agriculture bretonne. L’accompagnement des territoires constitue notre raison d’être. Le groupe poursuivra son développement dans le respect de ce que nous a légué la Caisse de Bretagne. Et en n’oubliant jamais les propos tenus par Michel Serres à l’occasion des 90 ans de la CBCMA : « Le paysan est à la base de tout ! » ». Le gage d’un socle solide pour toute (re)fondation.

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