Dans l’attente des récoltes mondiales

« Les marchés ont intégré la guerre en Ukraine, ce sont les prochaines récoltes qui feront les prix », indique Mathilde Le Boulch, agroéconomiste à L’Ifip, intervenante à l’assemblée générale du Comité régional porcin. « Il n’y aura pas de réelle amélioration avant la campagne 2023-2024 ». 20 millions de tonnes de céréales pourriraient actuellement dans les silos ukrainiens. Impossible de les exporter via les ports et compliqué par le rail : « En Roumanie voisine, les ports et les capacités de stockage sont réservés à leur propre récolte ». L’économiste présente un scénario optimiste (dans l’année à venir) qui suppose une campagne normale en Ukraine, grâce à un corridor de solidarité pour exporter, de bonnes récoltes en Europe et aux États-Unis, une bonne campagne de canola (colza) au Canada, peu d’importation par la Chine et une absence de création de stocks nationaux de sécurité. Dans ce scénario, les tensions persistent mais les quantités permettent de répondre à la demande mondiale. Un scénario pessimiste prévoit un conflit durable (perte du bassin de production de la mer Noire), des récoltes au mieux moyennes en Europe et aux États-Unis, des tensions sur l’approvisionnement en énergie et en intrants et des mesures de protectionnisme. Ce scénario conduit à de fortes perturbations de l’économie mondiale.

MARCHÉ EXPORT DES CÉRÉALES

Destination export blé russe (33 Mt)
• 20 % Turquie,
• 17 % Égypte,
• Moyen-Orient et Afrique du Nord.

Destination blé ukrainien (20 Mt)
• 16 % Égypte,
• 15 % Indonésie,
• 10 % Turquie,
• Moyen-Orient et Afrique du Nord et Asie du Sud.

Destination maïs ukrainien (25 Mt)
• 32 % Chine,
• 29 % EU 27,
• 10 % Égypte.


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