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Le lisier sur prairie n’acidifie pas les sols

Les croyances ont la vie dure. En fait, le lisier et les autres produits organiques apportent des bases qui neutralisent l’acidification.

Contrairement à une idée trop souvent répandue, l’apport d’engrais de ferme, et notamment de lisier, n’a pas tendance à acidifier les sols. C’est même l’inverse qui se produit quand les quantités apportées sont raisonnées.

Nouvelle combinaison des ions

Les lisiers contiennent environ 40 % d’azote sous forme ammoniacale (NH4+) qui, après épandage, se transforme en nitrate (NO3-). Durant cette nitrification, les ions H+, responsables de l’acidification, vont se libérer. Mais dans le même temps, les anions organiques (OH-, HCO3-…) contenus dans le lisier vont fixer les ions H+, jouant ainsi un rôle analogue à celui des bases (oxydes, carbonates…) contenues dans les amendements minéraux basiques. Au final, c’est bien un effet alcalinisant que l’on peut attribuer aux lisiers dans les exploitations de polyculture élevage.
Certes, lors de l’épandage, une partie de l’azote ammoniacal est volatilisée, ce qui génère des pertes et contribue à l’acidification du sol (libération d’ions H+). L’utilisation de pendillards ou l’incorporation du lisier permettent de réduire significativement la volatilisation.

L’ammonitrate agit à l’inverse

De nombreuses références, françaises et étrangères, confirment l’effet alcalinisant des produits organiques. À titre d’illustration, Arvalis a conduit une expérimentation sur prairie, entre 1996 et 2005 à la ferme expérimentale de La Jaillière (44). Cet essai a mis en évidence une augmentation du pHeau de 0,5 point avec des apports annuels de lisiers de bovins et d’ammonitrate. En comparaison, une fertilisation azotée annuelle uniquement minérale (ammonitrate) de 150 kg N/ha a fait chuter le pHeau de 0,8 point. Avec un apport annuel de fumier de bovins et d’ammonitrate, le pHeau est resté stable.
Sous réserve d’un contrôle régulier du pHeau, l’apport régulier d’engrais de ferme, et notamment de lisier, permet donc de limiter significativement le recours aux amendements basiques.

Didier Deleau / Arvalis-Institut du végétal

Chaulage divisé par 2
Lorsqu’un apport de l’ordre de 200 à 300 kg d’équivalent CaO par hectare et par an est nécessaire pour compenser l’acidité introduite dans le sol, un chaulage d’entretien de moins de 100 à 150 kg CaO/ha/an est suffisant lorsque la parcelle reçoit des apports réguliers d’effluents d’élevage.
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