Élevage

Comment limiter la consommation des concentrés ?

Avec 8,6 kg de concentrés en moyenne par kg de carcasse produit en système bergerie, la valorisation de l’herbe est le 1er levier à activer pour réduire la consommation de concentrés.

En élevage ovin, la consommation des concentrés impacte autant le revenu que la productivité des brebis. Un point de vigilance important à noter alors que les fournisseurs d’aliment annoncent un surcoût prévisible de +100 €/t d’aliment d’ici à quelques semaines, lié à la perturbation des marchés si le conflit russo-ukrainien perdure. Cela représente un coût supplémentaire de 0,80 €/kg par agneau qui risque de mener la filière dans une impasse en termes de prix pour le consommateur, selon les éleveurs présents à la journée régionale ovine du 24 mars à Liffré (35). « Axer le système vers plus de pâturage, consommer plus de fourrage permet de limiter la quantité de concentrés consommés », insiste Vincent Bellet, de l’institut de l’élevage. « Mais avec l’augmentation des cheptels, la multiplication des lots, on pâture moins et moins bien, ce fourrage est bien souvent destiné uniquement aux animaux à l’entretien », nuance un éleveur dans la salle. À cela s’ajoutent des freins techniques dans les zones séchantes, l’accessibilité auprès de la bergerie, la taille des cheptels…

Enrubanner, oui mais de la qualité

Cela explique pourquoi l’enrubannage a pris de l’ampleur dans l’alimentation des gros troupeaux. « Quand il est bien ramassé, il n’y a pas de perte, c’est un excellent produit… », réagit la salle. Fourrage dont le prix va lui aussi subir le surcoût lié à l’énergie. « On avançait +2 €/botte en novembre dernier lié au coût du plastique, certains prestataires évoquent en plus +3 €/botte avec l’évolution du coût du GNR. » La botte enrubannée va ainsi peut-être passer à 16 €, nécessitant de la rigueur dans le choix de l’herbe à conserver : « Pas à moins de 17 % de MAT », relèvent les éleveurs.

L’agneau d’herbe, la solution ?

1/3 de la consommation des concentrés en ovin viande le sont par les agneaux. Alors, peut-on promouvoir plus l’agneau d’herbe ? Dans les systèmes bergerie, où la productivité est importante, pourrait-on réussir à élever 2 agneaux/brebis à l’herbe ? Pour les Organisations de producteurs, « il faut 5 périodes d’agnelage pour disposer de produit toute l’année. En faire moins, commercialement parlant, ce n’est pas possible. Il faut être présent dans les rayons toute l’année. » Et si tout le monde part sur de l’agneau d’herbe, les grossistes vont se tourner vers d’autres fournisseurs…

Les surfaces additionnelles, une complémentarité oubliée
« Les surfaces additionnelles sont des leviers en termes de ressources à remettre au goût du jour », insiste Vincent Bellet. Chez soi, penser à valoriser les couverts, les chaumes, les repousses. Le pâturage hivernal des brebis peut aussi intéresser un voisin en bovin, « c’est un système gagnant-gagnant, pour le démarrage des prairies. »
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