Comment limiter la consommation des concentrés ?

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Avec un surcoût annoncé jusqu’à + 5 €/botte, seule une herbe à plus de 17 % de MAT mérite d’être enrubannée, insistent les éleveurs d’ovin viande.
Avec 8,6 kg de concentrés en moyenne par kg de carcasse produit en système bergerie, la valorisation de l’herbe est le 1er levier à activer pour réduire la consommation de concentrés.

En élevage ovin, la consommation des concentrés impacte autant le revenu que la productivité des brebis. Un point de vigilance important à noter alors que les fournisseurs d’aliment annoncent un surcoût prévisible de +100 €/t d’aliment d’ici à quelques semaines, lié à la perturbation des marchés si le conflit russo-ukrainien perdure. Cela représente un coût supplémentaire de 0,80 €/kg par agneau qui risque de mener la filière dans une impasse en termes de prix pour le consommateur, selon les éleveurs présents à la journée régionale ovine du 24 mars à Liffré (35). « Axer le système vers plus de pâturage, consommer plus de fourrage permet de limiter la quantité de concentrés consommés », insiste Vincent Bellet, de l’institut de l’élevage. « Mais avec l’augmentation des cheptels, la multiplication des lots, on pâture moins et moins bien, ce fourrage est bien souvent destiné uniquement aux animaux à l’entretien », nuance un éleveur dans la salle. À cela s’ajoutent des freins techniques dans les zones séchantes, l’accessibilité auprès de la bergerie, la taille des cheptels…

Enrubanner, oui mais de la qualité

Cela explique pourquoi l’enrubannage a pris de l’ampleur dans l’alimentation des gros troupeaux. « Quand il est bien ramassé, il n’y a pas de perte, c’est un excellent produit… », réagit la salle. Fourrage dont le prix va lui aussi subir le surcoût lié à l’énergie. « On avançait +2 €/botte en novembre dernier lié au coût du plastique, certains prestataires évoquent en plus +3 €/botte avec l’évolution du coût du GNR. » La botte enrubannée va ainsi peut-être passer à 16 €, nécessitant de la rigueur dans le choix de l’herbe à conserver : « Pas à moins de 17 % de MAT », relèvent les éleveurs.

L’agneau d’herbe, la solution ?

1/3 de la consommation des concentrés en ovin viande le sont par les agneaux. Alors, peut-on promouvoir plus l’agneau d’herbe ? Dans les systèmes bergerie, où la productivité est importante, pourrait-on réussir à élever 2 agneaux/brebis à l’herbe ? Pour les Organisations de producteurs, « il faut 5 périodes d’agnelage pour disposer de produit toute l’année. En faire moins, commercialement parlant, ce n’est pas possible. Il faut être présent dans les rayons toute l’année. » Et si tout le monde part sur de l’agneau d’herbe, les grossistes vont se tourner vers d’autres fournisseurs…

Les surfaces additionnelles, une complémentarité oubliée

« Les surfaces additionnelles sont des leviers en termes de ressources à remettre au goût du jour », insiste Vincent Bellet. Chez soi, penser à valoriser les couverts, les chaumes, les repousses. Le pâturage hivernal des brebis peut aussi intéresser un voisin en bovin, « c’est un système gagnant-gagnant, pour le démarrage des prairies. »


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