Pac

Agriculteurs conventionnels et agriculteurs bio sont d’accord sur un point : le projet de Pac 2023-2030 n’est pas bon. Pas pour les mêmes motifs. Les premiers craignent que l’éco-régime, ce nouveau dispositif qui conditionne les aides aux engagements environnementaux, soit hors de portée ; les seconds voient d’un mauvais œil l’abandon de leurs aides spécifiques au profit d’une convergence vers le système de l’éco-régime moins contraignant et donc moins rémunérateur. En fait, tous les agriculteurs craignent la même chose : perdre les précieux subsides européens qui constituent souvent le socle du revenu. Et c’est pourquoi, après le tournant libéral de 1992, la Pac affiche toujours une « dimension sociale », comme l’évoque Maria do Céu Antunes, présidente du Conseil Agripêche. Cette nécessité de soutenir fortement le revenu des agriculteurs bride les ambitions de la Pac 2023-2030 qui se voulait plus verte, tout en tendant vers un système alimentaire plus solide (la Covid-19 est passée par là…). Les desseins environnementaux à long terme des eurodéputés se heurtent en fait à la volonté à court terme des États de protéger financièrement leurs agriculteurs. Ce qui n’est pas sans poser la question du pouvoir démocratique. Avec le PSN – Plan stratégique national – , le Parlement se voit également confisquer la voix du peuple européen puisque ces plans nationaux désormais adjoints à la Pac sont, en dernier ressort, soumis à validation de la Commission. Sans compter que cette nouveauté qui fait la part belle aux règles du jeu de chaque État participe à renationaliser encore un peu plus une Pac de moins en moins commune au fil des réformes. Avec ce risque de favoriser un certain dumping agricole qui creusera encore davantage les inégalités entre agriculteurs des Vingt-Sept….

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