Le temps long du sol

dd8324.hr - Illustration Le temps long du sol
Jacques Simon, André Sergent (Chambre régionale d’agriculture) et Roland Hallegouët, président de Sols d’Armorique, association de pionniers du non-labour issus des groupes TCS 29 ou Geda Sol Vivant 35.
La MAEC Sols de Bretagne a été lancée sur la ferme de Jacques Simon. Après 12 ans de non-labour, il a partagé son expérience.

Le lancement de la MAEC Sols de Bretagne a eu lieu, jeudi 8 avril, chez Jacques Simon. L’agriculteur conduit 150 truies sur paille et travaille 60 ha à Plouider (29). « C’est un secteur de terrains de limons productifs mais fragiles. Même si depuis mon installation en 1991, je n’avais jamais sorti la charrue avant d’implanter un maïs, je sentais que je m’engageais dans l’impasse d’un sol dégradé », raconte-t-il. Alors, il y a 12 ans, il est passé en non-labour sur la totalité des terres.

« Il faut sortir des successions blé-maïs et faire entrer des colza et féverole par exemple dans les rotations », explique le Finistérien. « Le minimum syndical des couverts Pac » n’est pas suffisant. Il plébiscite l’abandon du labour – « Les connaissances sont là, la question ne se pose plus » – et la couverture totale des sols en travaillant les intercultures, longues avant maïs, courtes entre deux céréales.

Meilleure résistance à la sécheresse

« Après 12 ans, je n’ai pas encore les réponses », confie Jacques Simon qui rappelle qu’améliorer la structure du sol, l’enrichir en matière organique, demande beaucoup de temps. « Mais aujourd’hui, mes outils passent comme dans du beurre. J’ai maintenu les rendements. Je note même des progrès. Les orges se comportent mieux sur terrain limitant. En terres légères, mes maïs restent verts 5 ou 6 jours de plus en août. Les blés sont sains. Je réduis les fongicides et je n’utilise presque plus d’insecticides.  » La vie du sol et la biodiversité s’améliorent : « Davantage de vers de terre, de carabes, d’araignées, d’oiseaux… », apprécie Jacques Simon en songeant à ces agriculteurs qui finissent, à force, par voir leur sol regagner de l’épaisseur.

Être bien accompagné

Un canadien, une herse rotative, un vibroculteur et un semoir à graine… « Je n’ai pas les moyens d’investir alors je fais avec ce que j’ai. Moins on en a, moins on a d’entretien et de pièces à changer…  », confie Jacques Simon, estimant que les machines ne sont pas la priorité en agriculture de conservation. « Les connaissances techniques et scientifiques existent sur Internet et dans les champs. Elles doivent être diffusées largement. Le plus important, surtout, est d’être accompagné par des conseillers, par d’autres agriculteurs. » Lui est membre depuis 15 ans du groupe TCS 29 animé par Jean-Philippe Turlin, de la Chambre d’agriculture de Bretagne.


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