Côtes d'ArmorÉlevage

Ovin : Miser sur des traitements préventifs

S’ils cherchaient une exploitation entre Dinan et Lamballe, c’est finalement à Saint-Servais  (22) que Baptiste et Juliette Choupault ont posé leurs valises en 2017, sur un site découvert suite à une petite annonce déposée dans le journal Paysan Breton.

Pour fournir en agneaux ses 2 bouchers et son marchand, Baptiste et Juliette Choupault étalent les agnelages sur 3 périodes : janvier, avril et septembre. Essentiellement de races charollais et texel, les brebis ne se désaisonnent pas facilement. Le lot d’automne requiert donc la mise en place d’un traitement hormonal avec pose d’éponges, « pratique que nous souhaiterions arrêter ».

Des plantes pour contrer la coccidiose

Le prochain lot de mises bas, en avril, sera géré 100 % à l’herbe, sans complémentation. Les agneaux seront rentrés 10 jours avant le sevrage pour un apprentissage aux nourrisseurs. « L’engraissement ne se
réalise pas dehors, car toutes les parcelles ne sont pas encore pourvues en grillage. Et, en bergerie, avec plus de rigueur, nous gérons ainsi mieux l’engraissement, les lots et les départs toutes les semaines et nous évitons un traitement parasitaire », expliquent les jeunes éleveurs.

Et pour assurer ces sorties régulières et homogènes, tous les agneaux reçoivent de la naissance à 3 semaines / 1 mois une semoule de produits fermentés à base de plantes médicinales (Kéfidiet). « Cela nous permet de contrer la coccidiose, pour un même coût qu’un traitement anticoccidien mais sans le stress sur les animaux et l’incidence sur leur croissance », précise Juliette Choupault. « Une année, nous avons fait l’impasse de cette cure, la coccidiose a sévi. Depuis, nous n’avons plus de problème. »

Un agnelage plus facile avec des bolus d’oligo-élément

À l’échographie, vers 45-50 jours de gestation, toutes les brebis pleines reçoivent un bolus d’oligo-éléments et de minéraux. « Cela leur assure une couverture de leurs besoins pendant 4 mois, jusqu’à l’agnelage. À raison d’1 €/bolus, le colostrum est plus riche, les agneaux sont plus vigoureux. Nous avons aussi essayé une année sans cet apport et nous avons rencontré de nombreux problèmes autour de la mise bas : prolapsus, non-dilatation, montée de lait difficile… ». 

100 têtes de plus et de la diversification pour l’installation de Juliette
Juliette et Baptiste Choupault avaient tous les deux suivi un CS ovin à Bellac. Depuis quelques semaines, Juliette est devenue à son tour associée du Gaec de Kermatahan. Un troupeau ovin de 100 têtes en production a été acheté, pour monter à 600 mères. « D’un point de vue sanitaire, ce n’est pas l’idéal. Nous prenons un risque, le même qu’à l’installation lors de la constitution du troupeau à partir de 2 cheptels. Mais économiquement, c’est intéressant. Sinon, il nous aurait fallu 5 années pour monter à 600 brebis. C’est trop long. Et cela nous permet dorénavant d’être plus stricts sur la réforme des brebis et le choix de nos agnelles, ce qui n’aurait pas été possible avec du renouvellement. » L’activité va également se diversifier avec la création d’un élevage canin de Bergers australiens et de Bearded Collie (chiens de troupeau), ainsi que la réalisation de prestations de service de constat de gestation. « L’échographie est un outil important en ovin : on ne peut pas se permettre de rentrer des brebis vides en bâtiment. Nous, nous l’utilisons toute l’année, cela nous permet de savoir où on va. »
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