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S’adapter face à un parcellaire fractionné

La mise en place d’une ‘transhumance’ de la troupe ovine permet d’optimiser le système herbager et autonome de Ida Prigent et Nicolas Le Provost.

Le Gaec de la Bergerie, à Saint-Nicodème (22), dispose de 130 ha, fractionné en deux îlots, dont un de 45 ha distant de 6 km de la bergerie. « Nous aurions pu destiner ces terres aux cultures, mais elles ne sont pas toutes exploitables de cette façon, avec entre autres des prairies classées Natura 2000. Lors de mon installation en 2014, avec l’augmentation de l’effectif à 550 mères de race Île-de-France, nous avons donc décidé d’y amener les brebis au pâturage », explique Nicolas Le Provost.

Trois agnelages par an

Actuellement, ils viennent de terminer le 2e lot d’agnelage. Dès les derniers agneaux sevrés, ce lot ainsi que celui des mises bas de septembre (50 % de l’effectif) y partiront donc, en mars, jusque fin juillet. Cette herbe fraîche à disposition assure alors un effet flushing pour assurer la mise à la reproduction. Les béliers sont intégrés dans le lot 15 jours plus tard. « Si le trajet à aller ne pose pas de problème (outre l’effectif important à gérer…), le retour en bétaillère était exclu, les brebis étant gestantes. Elles parcourent donc cette distance en marchant. Cela sous-entend de la préparation en amont, tout en disposant de suffisamment de bénévoles, pour gérer en même temps la circulation et bloquer les routes. En général, nous effectuons ce déplacement à 6 personnes », précise Ida Prigent. Le lot d’agnelles, qui met bas en mars, les rejoint courant juin.

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Un robot sur rail permet de distribuer les concentrés aux brebis, deux fois par jour, et de remplir les nourrisseurs à agneaux avec un mélange orge (50 %) /aliment du commerce (50 %) avec une répartition précise et homogène.

Optimiser l’herbe et la place en bergerie

Les brebis mettant bas en septembre sont à l’herbe toute l’année. Les agnelages se passent en extérieur, « ce qui est plaisant et apporte un effet positif sur le plan de l’hygiène », insistent les éleveurs. Ils les rentrent au fur et à mesure avec les agneaux, la lactation se passant en bergerie. Elles ressortent à l’herbe au bout de 70 jours, après sevrage. L’hiver, elles évoluent sur 40 ha, en changeant de paddock tous les 2 jours, avec un apport de betteraves fourragères et d’enrubanné si besoin. Si le choix de la race s’est porté avant tout pour le désaisonnement, « la pousse de croît des agneaux en bergerie est également intéressante en moins de 80 jours pour les têtes de lot, avec des poids de carcasse intéressants. En moyenne, les agneaux sont vendus en circuit court à 20,5 kg à 110 jours d’âge. La moitié des agneaux sont classés U en conformation. » 

Disposer de données fiables sur les mères des agnelles
L’allaitement des agneaux se passe en bâtiment. Un robot sur rail permet de distribuer les concentrés aux brebis, deux fois par jour, et de remplir les nourrisseurs à agneaux avec un mélange orge (50 %) /aliment du commerce (50 %) avec une répartition précise et homogène. Les agneaux sont pesés tous les lundis. « Cela permet de trier les mâles mais aussi les femelles de renouvellement », insiste l’agriculteur. Avec le logiciel Ovitel, tout est consigné : du détail des mises bas au GMQ des agneaux. « Et finalement, on se rend compte que sont toujours les mêmes brebis qui font des agneaux morts, des agneaux à élever au biberon… En informatisant toutes les informations, y compris les durées de lactation, le rendement en viande des agneaux… nous avons un historique intéressant au bout de 6 ans. Cela nous permet d’avoir du recul sur notre troupeau et de choisir sereinement nos agnelles de renouvellement. »

Valoriser tous les animaux produits

Un croisement avec du Roussin a été effectué pour améliorer le côté maternel des brebis. Mais 10 à 15 % des agneaux sont toujours élevés au biberon. « Si on les aide, on les sauve ! C’est du temps de travail mais économiquement, on s’y retrouve », plaide Ida Prigent. Pour certaines brebis moins laitières, en fonction des informations sur les mises bas antérieures, l’apport de colostrum de vache permet aussi de sauver un nombre important d’agneaux.

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