Élevage

Une sélection sur l’indice de consommation

Avec 70 % du coût de production lié à l’alimentation, les sélectionneurs ont d’abord privilégié l’indice de consommation dans leur schéma de sélection.

« Notre rôle de sélectionneur est d’être toujours à l’écoute de nos clients tout en gardant un œil sur les évolutions des attentes sociétales. Chez Aviagen Turkeys nous possédons un réservoir génétique en dinde de 40 lignées pures. Cela nous permet de proposer 1 600 combinaisons en croisement 2 voies et plusieurs milliers en croisement 3 voies  », explique Jean-Luc Favennec, gérant d’Aviagen Turkeys France. L’entreprise applique une sélection équilibrée, y compris sur les caractères de santé et de bien portance en parallèle aux caractères de production clés tels que la reproduction, la croissance, la conversion alimentaire, et le rendement.

Une amélioration continue de l’IC

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Station de contrôle de prise alimentaire individuelle sur une ferme pedigree en Angleterre.

Aviagen Turkeys travaille principalement avec 3 souches : deux lourdes (BUT 6 et Nicholas Select) et une médium (Prémium). « La France reste sur une orientation vers de la dinde médium. La tendance est à l’alourdissement des animaux tout en baissant l’indice de consommation et cela dans le but de rester compétitif par rapport au porc ou au poulet avec qui notre viande est en concurrence », indique Jean-Luc Favennec. En faisant une moyenne sur 100 % des lots en France, la dinde Médium est passée en 5 ans de 14,5 kg de poids à 15 kg à 18 semaines d’âge. Sur la même période l’indice de consommation (IC) est passé de 2,40 à 2,34. « Le premier quart des éleveurs arrive à un IC de 2,23. » La priorité du sélectionneur est bien l’IC car en dinde 70 % du coût de production est lié à l’alimentation.
L’amélioration de l’efficacité alimentaire est d’une importance majeure dans la stratégie de sélection d’Aviagen qui vise à améliorer davantage la rentabilité de la production de la viande de dinde.

Des transpondeurs pour analyser chaque animal

« L’investissement dans une technologie révolutionnaire a permis la capture électronique de tous les repas consommés par chaque pedigree dans le programme de sélection. L’IC individuel peut alors être mesuré dans un environnement en groupe reflétant les conditions d’élevage chair et laissant s’exprimer les comportements alimentaires naturels. Le système se compose de stations d’alimentation équipées de la technologie de transpondeurs permettant d’identifier avec précision et fiabilité la prise alimentaire de chaque individu », décrit Jean-Luc Favennec. Ce suivi à l’animal a permis d’analyser le comportement de chaque individu à la gamelle. Aviagen a sélectionné les animaux qui font plusieurs prises alimentaires dans la journée ce qui améliore l’IC. « Nous avons remarqué que 70 % des sujets montraient une préférence pour une gamelle d’alimentation et c’est un comportement héréditaire. Cela met en avant l’importance d’avoir du matériel parfaitement fonctionnel en élevage. »

Éradiquer la dyschondroplasie tibiale
La tenue sur pattes est aussi un critère sur lequel le sélectionneur s’est penché. Aviagen a lancé un gros programme pour éradiquer de ses lignées les sujets présentant des soucis de dyschondroplasie tibiale (altération de la tête du tibia) qui est un problème génétique. « Entre 2008 et 2013, nous sommes passés de 30 % de lésions modérées à 0 % grâce à un matériel de détection par rayon X des lésions non visibles. » Le comportement à l’abreuvoir a aussi été étudié car une consommation excessive d’eau est souvent liée à un mauvais équilibre intestinal ce qui entraîne des dégradations d’IC et demande souvent un recours aux antibiotiques. « Nous avons donc sélectionné les familles qui consommaient moins d’eau lors du renouvellement de nos pedigrees. »
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