Limousine : Nouveautés sur la mamelle et la reproduction

Limousine - Illustration Limousine : Nouveautés sur la mamelle et la reproduction
La race limousine travaille sur la fertilité des femelles via le projet Cownect. 4 000 vaches sont équipées de colliers Heatime qui renseignent sur leurs mouvements et temps de rumination.
Aujourd’hui, de nouvelles applications de la génomique voient le jour en race limousine. Le test EvaLim livre de nouveaux résultats concernant l’ouverture pelvienne et la morphologie de la mamelle. Un travail est en cours sur la fertilité.

Les données de pointages de la mamelle effectués par les inspecteurs du herd-book limousin permettent la mise en place de la prédiction de 4 nouveaux caractères : distance plancher-jarret, équilibre des quartiers, longueur et grosseur des trayons. « Ces pointages sont réalisés sur des primipares entre 1 et 4 mois de lactation en suivant un protocole bien défini par l’Institut de l’élevage et pour lequel les pointeurs ont été formés », expliquent les responsables du schéma de sélection limousin. Dans le compte rendu EvaLim, les résultats sont présentés sur un diagramme en bande qui place le meilleur score au centre.
Le potentiel d’ouverture pelvienne (qui permet de faciliter le passage du veau) peut aussi être prédit dès la naissance de l’animal. « En effet, les nombreuses mesures d’ouverture pelvienne effectuées dans le réseau de fermes du projet Degeram depuis 2012 ont été mises en relation avec les génotypages afin d’obtenir des équations de prédiction. »

Cownect travaille sur la fertilité

La race limousine travaille aussi sur la fertilité des femelles via le projet Cownect lancé il y a trois ans. Dans 37 élevages, 4 000 vaches sont équipées de colliers Heatime qui renseignent sur leurs mouvements et temps de rumination. Le traitement de ces données par France limousin sélection et Ingenomix va permettre de raccourcir les IVV (intervalles vêlage-vêlage). Prochainement, un nouveau caractère va pouvoir être pris en compte dans la sélection des reproducteurs : la durée entre le vêlage et le premier retour en chaleur. La précocité sexuelle, la durée de gestation et la docilité vont par ailleurs être étudiées.

Performance économique

La labellisation « Qualités Maternelles » est au cœur du programme conduit par le schéma de sélection Créalim adossé à l’OS France limousin sélection (Organisme de sélection). « Notre objectif est d’apporter aux éleveurs des taureaux d’IA économiquement intéressants », souligne Jean-Marc Cazillac, responsable du programme de sélection. L’autre pilier majeur porte sur les taureaux terminaux (axés facilité de naissance et développement musculaire) qui font l’objet d’un recrutement et d’une évaluation spécifique multiraces (support Prim’Holstein et support limousin). La particularité de la Limousine est de disposer de deux modèles génomiques : celui de l’Inrae (Iboval) et celui d’Ingenomix (Evalim). « Les deux sont complémentaires. »

L’offre actuelle se divise en taureaux améliorateurs sur les qualités maternelles (3 à 4 taureaux par an) ou apportant de la facilité de naissance (1 à 3 par an). « Le testage sur descendance se fait à la station de Moussours en Corrèze. » Le schéma propose aussi des taureaux génomiques (3 à 4 par an) pas encore testés sur descendance et des taureaux issus de fermes (classement Iboval) proposés par l’OS, plus développants et tardifs. Dans l’offre d’IA, de nouvelles origines sont par ailleurs proposées, répondant à une attente des éleveurs. Le « sans cornes » se développe aussi depuis le début des années 2000 avec une accélération grâce à la génomie ces dernières années. « Nous l’introduisons progressivement avec l’objectif de préserver les caractéristiques françaises de la race. Le problème numéro un des souches “sans cornes” est le manque de lait… »

Un mâle « sans cornes » en testage

Peu de taureaux « sans cornes » sont actuellement proposés. Nouveauté cependant, « un premier mâle hétérozygote ayant réussi son passage en contrôle individuel est actuellement en testage dans le programme “qualités maternelles”. Les premiers résultats fiables arriveront dans 4 ans, le temps pour ses filles d’avoir leur premier veau. » Sans que cela fasse l’objet d’études précises, d’autres caractères sont mesurés sur les génisses de la station et stockées pour une éventuelle utilisation future, par exemple le gras de couverture ou la largeur des côtes (qui pourrait être en lien avec le rendement osseux).


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