Economie, marchés et gestion

Bien intégrer son apprenti

Une bonne intégration aide l’apprenti à s’investir dans l’entreprise.

David Poulard, éleveur de porc naisseur-engraisseur à Saint-Juvat (22), prépare l’arrivée de son futur apprenti. Actuellement, en plus des deux salariés permanents spécialisés pour l’un dans l’élevage et l’autre dans les cultures, deux apprentis en BTSA ACSE au CFA de Caulnes sont accueillis sur l’EARL du Bellan. Une d’entre eux va les quitter prochainement à la fin de son contrat pour « aller voir d’autres élevages, d’autres méthodes ».

Reprise d’un apprenti à l’automne

À l’avenir, il a prévu de remplacer le deuxième apprenti par un salarié à temps plein. « Mais j’aime former et je ne veux pas arrêter cette mission de formation », avoue le jeune éleveur. Les aides annoncées par l’État de 8 000 € pour les contrats d’apprentis de plus de 18 ans entre le 1er juillet et le 28 février 2021 sont un plus dans l’optique de reprendre un apprenti dans un premier temps, pour l’intégrer progressivement dans l’équipe.
Cette période sera également mise à profit pour rechercher son futur salarié en CDI. Il recherche dans les deux cas une personne passionnée par la production porcine qui aurait suivi ou veut suivre un contrat de spécialisation porc.

À une bonne intégration, il y veille. Pour « une expérience positive » du jeune et faire en sorte que ce dernier perdure dans la filière. Selon lui, le jeune ne doit jamais se retrouver seul « pour que ce soit une expérience enrichissante ». « Moi aussi, avec les apprentis, j’apprends beaucoup. C’est un système où tout le monde est finalement gagnant. Leur présence apporte des idées nouvelles, me conforte dans mes décisions ou m’amène à réfléchir, prendre du recul, et cela est d’autant plus vrai lorsque les apprentis disposent d’un bagage technique. »

Prendre le temps de former l’apprenti

Mais même à deux apprentis, il ne gagne qu’un bon mi-temps de travail, précise-t-il. Car « il ne faut pas oublier qu’ils sont en formation. Il faut accepter qu’ils ne soient pas forcément opérationnels dès leur arrivée et prendre du temps pour leur expliquer les gestes ». Un travail qui n’est pas que du ressort des salariés permanents, qui ont eux-aussi leurs missions à exécuter chaque jour. « C’est au rôle du maître d’apprentissage de cadrer le travail et le rôle de chacun ainsi que de doser l’autonomie que l’on peut laisser au jeune selon ses capacités », précise le chef d’entreprise. Quitte à prendre le risque qu’il y ait parfois des erreurs commises… L’apprenti doit passer de l’étape « je sais faire une tâche » à « pourquoi je la fais ». Pour cela, il faut vérifier que l’apprenti a bien compris les consignes ou les explications, avoir un discours adapté, qui est différent de celui qu’on utilise pour les autres salariés. « Je cale mon travail pour passer le plus de temps avec eux, pour leur donner peu à peu plus de responsabilités. Quand les permanents sont en repos ou en congés, je forme les apprentis pour qu’ils soient opérationnels pour le travail qui les attend les jours suivants. »

Se perfectionner au management

« Je n’ai jamais eu de formation de management, avoue l’éleveur. Je fais partie d’un groupe d’éleveurs qui teste une méthode d’optimisation du temps de travail avec la Cooperl ».
Cette analyse inclut aussi le suivi de l’apprenti, avec des techniques à maîtriser pour intégrer les jeunes. « Si pour le moment les échanges restent informels, nous allons être amenés à mettre en place sur l’élevage des réunions d’échanges régulières avec les salariés et les apprentis. Reste à trouver le moment adéquat et la fréquence. »

Trois nouveaux CS à Caulnes
Pour répondre aux besoins de salariés agricoles, le CFA de Caulnes propose trois certificats de spécialisation (CS) à la rentrée de septembre : conduite d’un élevage bovin lait, caprin ou porcin, par la voie de l’apprentissage ou de la formation continue. En bovin lait et caprin, l’option transformation du lait est possible. L’option agriculture biologique est également proposée pour les 3 formations, avec une pratique sur une exploitation biologique. Le CFA de Caulnes continue aussi son développement avec un BTS Agronomie productions végétales pour former de futurs techniciens cultures et un BPREA pour se préparer à l’installation ou au salariat.
Dans l’apprentissage, tout le monde — apprenti et maître d’apprentissage — doit y trouver son compte. Le maître d’apprentissage doit avoir envie de s’investir pour former quelqu’un et arriver à établir un réel partenariat. Cela sous-entend de prendre du temps pour expliquer à l’apprenti comment et pourquoi faire telle ou telle tâche. Il est important de ritualiser des temps d’échanges. Il faut accepter que la progression soit régulière en se fixant des objectifs intermédiaires, surtout avec des jeunes qui découvrent la production. Olivier Lafficher, coordonnateur BTS au CFA Caulnes
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