Economie, marchés et gestionTop

Filières : Comment créer de la valeur ?

Reconnecter les productions aux marchés, en France et à l’export, par davantage de planification, segmenter, investir la restauration hors domicile sont des voies explorées par les acteurs de l’agroalimentaire.

Un an après l’adoption de la loi Egalim, force est de constater que les résultats sont peu visibles pour le maillon agricole. La création de valeur n’a pas été suffisante « car elle signifie une augmentation des prix pour les consommateurs », a souligné Dominique Chargé, président de Coop de France, lors des Assises de l’agriculture et de l’alimentation organisées par Ouest France, les 15 et 16 octobre à Rennes. L’alimentation n’est sans doute pas payée à son juste prix…

Pour créer cette valeur, « la priorité est de reconnecter nos productions aux attentes des marchés (sociétales notamment) par de la planification, en GMS, mais aussi en restauration hors domicile et à l’export. » Dans le groupe LSDH basé à Orléans, dans une zone où de nombreux producteurs arrêtaient en 2005, le choix a été fait de conserver une production laitière mais avec de la valorisation (bio, Bleu-Blanc-Cœur…). « Une gamme variée est proposée sur les produits issus des élevages basés sur 16 départements. Des accords tripartites ont été conclus avec les distributeurs », signale Emmanuel Vasseneix, P.-D.G. du groupe.

La restauration collective est une autre voie de développement de valeur. « 500 000 Bretons y mangent tous les jours. Être sur ce marché est aussi important pour l’image de la production régionale », note Bernadette Loisel, de la Chambre d’agriculture de Bretagne. La loi Egalim va imposer que les repas servis en restauration collective publique comptent 50  % de produits de qualité et durables dont au moins 20 % de bio. « Nous nous y préparons. Des marges de manœuvre existent mais la qualité devra se payer », souligne Jean-Michel Noël, de Sodexo.

Financer la transition

Source de valeur, le changement de modèle attendu par la société demande une phase de transition. Comment la financer ? Réduire les charges de mécanisation est une piste. Jean-Paul Hébrard est le cofondateur de We farm up, un site internet qui met en relation des propriétaires de matériel agricole avec des agriculteurs qui les louent de manière sécurisée. Il investit aussi dans l’agriculture urbaine. « Il ne faut pas la considérer comme concurrente mais partenaire : elle ne représentera jamais de gros volumes. Elle peut être une ambassadrice de l’agriculture des champs dans les villes. »

Christophe Perraud, secrétaire général de la FNCuma, rappelle que les Cuma permettent une mutualisation des coûts des matériels, mais aussi la formation de collectifs qui réfléchissent ensemble avec les différents partenaires sur les territoires. La marge de progrès est encore importante sachant qu’un agriculteur sur deux n’est pas en Cuma. Sébastien Musset, du groupe Arkéa dont le Crédit mutuel de Bretagne est une entité, explique que sa banque est aujourd’hui ouverte pour travailler avec d’autres financeurs (aides, part de crowdfunding…). « Nous accompagnons aussi des agriculteurs travaillant pour accroître leur revenu : méthanisation, paiements pour services environnementaux, montée en gamme… »

« L’environnement, un atout »
Emmanuel Vasseneix déplore le handicap de compétitivité lié « au coût du travail, à la sur-réglementation et aux taxes importantes en France. » Pour Stéphane Le Foll, ex-ministre de l’Agriculture, « les normes sont, encore aujourd’hui, perçues comme une contrainte. Il y aura toujours des pays où le coût de production sera inférieur. L’environnement est un atout économique autant qu’écologique. Moins de produits phytosanitaires, c’est plus de compétitivité. »
Mots-clés

Peut vous intéresser

Bouton retour en haut de la page
Fermer