Edito

Redonner du sens

Il faut redonner du sens au travail. Redonner du sens à sa façon de consommer. Redonner du sens à son épargne. La formule « redonner du sens » revient aujourd’hui en boucle. La science également veut redonner du sens à la recherche. La politique ? Emmanuel Macron veut aussi redonner du « sens à l’action », « donner du sens au projet européen », à la mondialisation, à l’action militaire… et même à la Légion d’honneur.

Les agriculteurs aussi veulent « redonner » du sens à leur métier. Cela explique qu’ils sont de plus en plus nombreux à vouloir créer du lien avec le consommateur ; que ce soit au travers de la vente directe ou en participant à des opérations de communication grand public. Parce qu’ils considèrent qu’un agriculteur est « fait pour nourrir, pas pour produire ». Produire étant un moyen ; nourrir étant une fin. Le consommateur adhère de plus en plus à cette idée, comme l’a évoqué Marc Keranguéven, président du Cérafel, lors de l’assemblée générale du comité fruits et légumes breton le 13 juin. « Au-delà du bon, du sain, du pratique et de l’innovation, les consommateurs sont en recherche de sens. Notre modèle coopératif, nos valeurs de solidarité, d’équité, de démocratie participative et le lien direct entre producteurs et consommateurs répondent à ce besoin de sens. »

Cette quête de sens touche particulièrement les jeunes. Ces derniers se montrent très sensibles aux valeurs éthiques, environnementales, d’authenticité, d’exemplarité. Tous ces nouveaux comportements viennent bousculer les codes de la société et de l’entreprise. On ne peut que s’en réjouir. L’agriculture bretonne ne peut que s’en réjouir. Car elle-même véhicule de nombreuses valeurs portées en flambeau par la génération montante.

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