Edito

Terre de contrastes

Sur le sud-est de la Bretagne, les ensilages vont bon train. Les grosses cylindrées ne sont pas ralenties par le faible volume de la végétation. Pour la 4e année consécutive, les terres les moins arrosées de Bretagne peinent à sortir 8-9 t/ha de MS. La couleur vert-jaune pâle du maïs témoigne de cultures qui n’ont pas réussi à valoriser l’azote. Semer tôt n’est plus suffisant pour prendre le manque d’eau de cours. Pour remplir leurs silos, des éleveurs sont contraints d’acheter du fourrage. Dans les secteurs où la méthanisation se développe, ils doivent en plus faire face à une inflation du prix du maïs d’une vingtaine d’euros par tonne. Illustration qu’il est plus rentable de produire du méthane que du lait. Ce qui ne saurait étonner puisque la méthanisation est subventionnée par les deux bouts : des aides Pac à l’hectare pour cultiver le maïs et une garantie d’un prix de vente de l’énergie sur 15 ou 20 ans. Les ingrédients sont réunis pour attiser une augmentation du prix du foncier que certains agriculteurs disent déjà observer par endroits.

Tableau différent sur l’ouest de la Bretagne. Les maïs ont pleinement profité des pluies d’août et de la chaleur de l’été. Les cultures sont exceptionnelles et prometteuses. Les silos devraient être gonflés à bloc. Seule une tempête d’automne pourrait tout mettre à terre. La probabilité est cependant faible car les agriculteurs s’accordent sur le fait, qu’avec le changement climatique, « on a gagné un mois sur la date d’ensilage en 20 ans ». À ce rythme, en 2040, c’est-à-dire dans seulement 20 ans, on ensilera peut-être aussi des petits maïs à 8 t/ha de MS dès début septembre à la pointe Finistère. Et au sud de l’Ille-et-Vilaine, on n’ensilera plus faute de pouvoir cultiver du maïs. Probable. Et inquiétant…

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