Edito

Alimentation

Les pratiques de consommation dites durables – manger local, équilibré, éthique –, dont on a tant parlé durant le confinement, ne sont pas, quoi qu’on dise, durablement sorties du pré carré des milieux aisés ou diplômés. C’est l’avis de la délégation à la prospective du Sénat qui vient de publier 20 propositions pour une alimentation durable à l’horizon 2050. Objectif de Jean-Luc Fichet, sénateur du Finistère et coauteur du rapport avec Françoise Cartron, sénatrice de Gironde : s’extraire des « systèmes alimentaires développés au cours du XXe siècle dans les pays occidentaux qui ne sont pas durables en termes de consommation de ressources naturelles, d’impacts sur le climat et sur la biodiversité ou encore de santé ».

Parmi ces 20 propositions, une est assez détonante : instaurer des chèques « alimentation saine » sur le modèle du chèque énergie permettant d’acheter fruits ou légumes frais par exemple. Louable proposition qui n’est pas sans rappeler les tickets de rationnement d’après-guerre bien que très différents dans l’esprit. Cette initiative conduit tout de même à se poser la question du pourquoi. Pourquoi et comment en est-on arrivé, dans un pays comme la France, et dans une région riche comme l’Europe qui a fait de l’agriculture et l’alimentation le socle de sa construction, à ce paradoxe de « prix agricoles toujours plus bas » comme le dénoncent les syndicats paysans depuis plus de 50 ans et d’une alimentation trop chère comme le jugent régulièrement les associations de consommateurs. Problème de pouvoir d’achat certainement ; problème d’éducation assurément. L’éducation à l’alimentation durable, à la valeur réelle de la nourriture, au plaisir de bien manger, est sans doute la première marche à gravir pour que les choses changent.

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