Renouvelable

Le mot est tendance. Dans l’air du temps comme on dit. Pour être propre, l’énergie doit être renouvelable ; les ressources doivent être renouvelables. Les mandats de maire aussi seront bientôt renouvelables ; la grève de décembre menace enfin d’être renouvelable. Mais c’est là un autre registre… Et l’agriculture ? N’est-elle pas renouvelable, elle ? Elle l’est si foncièrement qu’on l’oublierait presque. L’agriculture est par essence l’activité du 100 % renouvelable, un terme qui a volé la vedette au mot « durable » des années 2000. Question d’époque !

Mais les plantes se moquent de la mode. Depuis la nuit des temps, elles captent l’énergie du soleil sans d’autre force que leurs feuilles, la transforment en éléments nobles qui nourrissent les bêtes qui nourrissent les hommes… et retournent discrètement en terre pour donner naissance à d’autres plantes. Où trouve-t-on un cycle plus abouti ? Plus renouvelable ? Plus durable ? Le photovoltaïque n’a pas ce rendement. Une éolienne non plus, même si elle utilise gratuitement le vent, cette autre énergie renouvelable très disponible en Bretagne ; mais ces moulins à vent modernes seraient intrinsèquement peu durables puisque, comparativement au pétrole, il faut 100 fois plus de matériaux pour extraire la même quantité d’énergie du vent.

Quant à la méthanisation, si elle a l’avantage de capter l’énergie solaire accumulée par les plantes et les animaux, elle produit seulement 30 % d’énergie sous forme d’électricité et 70 % sous forme de chaleur difficile à valoriser à la campagne. On lui trouve désormais l’inconvénient d’être gourmande en terres agricoles, ce qui commence à créer quelques tensions sur le foncier. Alors, durables les énergies renouvelables censées donner un renouveau à l’agriculture ?


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