Edito

Vache rouge et trèfle blanc

Il y a 25 ans, quand on voyait une vache normande dans un troupeau de Noires, on pouvait facilement parier qu’il s’agissait de la dernière d’une lignée qui ne serait bientôt plus. Aujourd’hui, une vache de couleur dans un troupeau de Holstein est bien souvent la première d’une souche appelée à se développer. Illustration que rien n’est jamais figé dans le temps. Même constat pour les légumineuses : à partir des années 70, elles ont été progressivement étouffées par les ray-grass anglais bien azotés. À cette époque, voir une feuille de trèfle dans une pâture était la signature d’un agriculteur dépassé par le progrès. Aujourd’hui, l’absence de trèfle dans une prairie est suspecte.

La vache rouge et le trèfle blanc n’annoncent pas le retour à « l’ordre éternel des champs ». Ils ouvrent tout simplement la voie du progrès éternel de l’agriculture. Un progrès différent pour une époque différente.
Comme dans les années 60, c’est l’espérance d’un meilleur revenu et la réponse aux attentes sociétales en matière d’alimentation qui aiguillonnent les transformations actuelles. Mais, à la différence de la dernière « révolution agricole », les nouvelles techniques sont de moins en moins diffusées du haut vers le bas, c’est-à-dire du technicien vers le paysan ; et de plus en plus, du bas vers le haut grâce à tous ces agriculteurs-chercheurs qui expérimentent dans leur ferme et partagent leur savoir. La formation des agriculteurs – source d’autonomie de décision –, une relative inertie des structures face à l’absolue nécessité de modifier les pratiques pour continuer à exister, encouragent les agriculteurs à prendre leur destin en main. Animés par l’esprit d’entreprise et d’initiative qui fait la vraie richesse du métier, ils se veulent maîtres de leur avenir.

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