Edito

Vaches maigres

Dans un rêve, Pharaon vit sept vaches maigres manger sept vaches grasses. Le trouble l’éveilla (Livre de la Genèse – Chapitre 41). Ce songe fait allusion à une période d’opulence de 7 ans suivie d’une période de disette de même durée. L’expression « période de vaches grasses et de vaches maigres » trouve son origine dans ce passage de la Bible. Elle a traversé les siècles sans une ride. Aujourd’hui, les producteurs de lait vivent cette période de vaches maigres depuis 7 ans si on exclut 2014. Quant aux périodes de vaches grasses, elles se font maigres.

Fin 2016, les éleveurs laitiers ont eux aussi fait un rêve : que l’amélioration de la conjoncture annoncée pour début 2017 se traduirait par une hausse du prix du lait. Les économistes répètent en effet que les marchés de gros se portent bien et qu’à 4000 €/t, le beurre est monté à un niveau jamais atteint. Aujourd’hui, les producteurs sont comme Pharaon : ils doutent et s’interrogent sur l’avenir.

Dans les campagnes, l’annonce de prix du lait à 310, 305 et 300 € pour les trois premiers mois de l’année a eu l’effet d’une douche froide. Et l’on voit, pour la première de l’histoire laitière bretonne, des producteurs qui n’ont toujours juré que par l’agriculture et l’élevage s’imaginer un autre avenir que dans la production laitière. Il n’est plus exclu qu’au rythme actuel des défections dans les campagnes, les laiteries finissent par manquer de lait dans quelques années. Si le mouvement s’amplifie, l’agrandissement des exploitations spécialisées ne compensera pas le départ de centaines de producteurs à 400-500 000 L. D’autant que l’effet conjoncture sera doublé par la réalité démographique : 50 % des producteurs de lait ont plus de 50 ans.

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