Élevage

Observer les jarrets et soupçonner les logettes

Dr Thomas Aubineau, de GDS Bretagne, fait le point sur les pathologies des pieds rencontrées en Bretagne.
Dr Thomas Aubineau, GDS Bretagne
Dr Thomas Aubineau, GDS Bretagne

Depuis quatre ans, l’Alliance GDS-GTV (alliance entre GDS Bretagne et GTV Bretagne) propose aux adhérents un service de conseils pour la prévention des boiteries en élevage laitier. Une action riche d’enseignements sur les principales maladies et les facteurs de risque identifiés dans les élevages confrontés à des troubles de boiteries. « Premier constat, l’importance économique des boiteries », démarre Thomas Aubineau, vétérinaire en charge du dossier à GDS Bretagne. « Le coût annuel moyen dans un troupeau de 100 vaches atteint près de 5 000 €, avec un impact dépassant les 10 000 € dans les élevages les plus touchés. » Toujours pour un troupeau de 100 vaches, compter en moyenne 5 ou 6 vaches réformées prématurément pour boiterie chaque année (après une ou deux lactations). « Pourtant, dans une bonne partie de ces élevages, des parages réguliers et des mesures de prévention étaient déjà en place. À croire qu’elles ne suffisaient pas ou qu’elles étaient inadaptées. »

Il n’y a pas que la dermatite

« Deuxième constat, il y a des erreurs de diagnostic. » Plus de deux éleveurs visités sur trois estimaient que la dermatite digitée était la principale maladie des pieds dans leur troupeau et avaient mis en place des pratiques de traitement et de prévention ciblées sur cette maladie, parfois coûteuses : antibiotiques locaux, pédiluves réguliers… « La réalisation d’un parage à visée diagnostique dans grand nombre de ces troupeaux, c’est-à-dire le parage d’un échantillon de vaches très atteintes, de vaches peu atteintes et de vaches saines de manière à déterminer quelles sont les lésions des pieds à l’origine des boiteries, a mis en avant d’autres maladies que la dermatite digitée. » Dans les bilans, la maladie qui arrive en numéro 1 en termes de fréquence (40 % des cas) et de gravité est le fourchet, une autre maladie infectieuse du pied. Puis juste derrière la fourbure (30 % des cas). La dermatite n’était qu’en troisième position (27 % des cas).

Recadrer les mesures de prévention

« Ce parage diagnostique permet de recadrer les mesures de prévention et de les adapter à la maladie dominante identifiée. Ainsi, dans certains élevages, plutôt que de continuer à réaliser des bains de pieds réguliers, mesure coûteuse et souvent pénible au quotidien, des recommandations visant à limiter le temps passé debout par les vaches et à favoriser leur couchage ont été données aux éleveurs », explique le spécialiste.

Troisième et dernier constat, le manque de confort de la zone de couchage. « C’est la cause la plus fréquente de fourbure. Plus d’un élevage sur quatre y est confronté. » Un moyen simple pour le mettre en évidence est l’observation des jarrets. « Les jarrets abîmés ou gonflés peuvent apparaître sur des vaches qui boitent avant d’avoir les jarrets abîmés, car elles passent plus de temps en position couchée, et souvent du même côté. »

Des défauts au niveau de la zone de couchage

Mais il peut s’agir aussi (et bien souvent) d’un défaut au niveau de la zone de couchage. Le vétérinaire détaille : « En système logettes, les erreurs de réglage de la hauteur ou de l’avancement de la barre de cou, le mauvais positionnement de l’arrêtoir au sol ou son absence, sont très fréquents et entraînent des difficultés à se coucher, à se positionner au sol ou à se lever.

Aussi, le confort de la surface est parfois insuffisant : tapis ou matelas trop dur en système lisier, paillage insuffisant en système fumier sont parmi les causes les plus fréquentes d’inconfort. » Un moyen simple pour évaluer s’il y a un problème de confort, l’observation des jarrets : « Si plus de 10 % des vaches ont les jarrets dépilés avec une plaie, même petite, ou si plus de 15 % des vaches ont des jarrets gonflés, il peut être nécessaire de vérifier le réglage des logettes et le confort de la surface de couchage. »

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