ÉlevageIlle-et-Vilaine

Ne plus perdre de temps à cause de la dermatite

Le troupeau de Marie-Odile et Hervé Lebreton, de l’EARL Le Breton à Gaël (35),  a longtemps été pénalisé par l’impact de la dermatite digitée. Aujourd’hui, une solution alimentaire porte ses fruits dans le contrôle des boiteries.

« Nous avons commencé à être embêtés par les problèmes de pattes quand les vaches sont entrées dans le nouveau bâtiment en 2003 », se rappelle Hervé Lebreton, éleveur à Gaël (35). « J’ai acheté des animaux de l’extérieur qui ont peut-être contaminé les autres. Le troupeau est passé de l’aire paillée aux logettes. Globalement, la pression sur les pieds a augmenté. » La dermatite digitée s’est installée et la situation s’est peu à peu dégradée. « Une vache boiteuse mange moins, bouge moins, produit moins et exprime moins ses chaleurs. » Certains animaux présentaient des lésions importantes et souffraient parfois de boiteries sévères. « Nous avons réformé des vaches pour ça », confie le Brétillien.

Pédiluve et soins en salle de traite

En 2008, le recours aux bains de pieds s’impose. L’éleveur rapporte que les désinfections à base de formol étaient ce qui fonctionnait le mieux. « Mais désormais, le produit est interdit. » Marie-Odile et Hervé Lebreton parlent d’une époque compliquée. Le pédiluve était placé dans un couloir très fréquenté, mais les animaux pouvaient l’éviter par d’autres issues. « Pousser les vaches dedans. Le vider tous les jours pour qu’il ne devienne pas un tas de déjections… C’était contraignant. » Puis une poudre désinfectante est venue remplacer la formule liquide. « C’était un peu mieux. Et le pédiluve était plus facile à entretenir. »
Après deux ans à pousser les vaches dans les bacs, le protocole est revu. Fini le pédiluve. De 2010 à 2015, un désinfectant liquide est pulvérisé sur les pieds des animaux tous les 15 jours. « Il fallait compter 30 à 45 minutes pour traiter toutes les vaches bloquées au cornadis. »

Lors des parages, les plus atteintes reçoivent des pansements. Et en salle de traite, les éleveurs s’activent. « Après la dépose du faisceau trayeur, nous lavions les pieds, traitions à la bombe pendant 3 ou 4 jours. Quand on était seul à la traite, on y passait beaucoup de temps. Il fallait soigner des pieds pratiquement à toutes les traites et c’était souvent des récidives. » À force, les animaux se méfiaient rechignant à monter sur les quais. « C’était un cercle vicieux. »
Puis au Space 2015, Hervé Lebreton visite le stand du laboratoire Biodevas. Il vient d’entendre parler dans la presse d’un nouvel aliment complémentaire efficace contre les boiteries. À l’époque, 50 % de ses 60 laitières présentent des lésions visibles de dermatite. « Lors du rendez-vous, je me suis engagé pour un essai de quatre mois. »

En 4 mois, les lésions changent d’aspect

Dès fin septembre, les vaches reçoivent une supplémentation. « Fin janvier, notre pédicure a constaté une amélioration : les lésions de dermatites étaient toujours présentes mais elles avaient blanchi et n’étaient plus douloureuses », témoigne l’éleveur. « Globalement, il y avait beaucoup moins de boiteries dans la stabulation. Les vaches qui piétinaient ou cherchaient des coins humides pour se soulager sont alors devenues rares. » En salle de traite, l’ambiance a également changé : « Les animaux rentraient mieux sur les quais et nous réalisions beaucoup moins de traitements antibiotiques locaux. »

À la mise à l’herbe, vers la mi-mars, l’apport de Piétix est suspendu. « Mais à l’automne, les vaches passaient par une zone boueuse à la sortie de l’étable et les problèmes sont réapparus. » La complémentation a repris et le produit est apporté toute l’année. « Mais à la belle saison, quand les vaches sortent, nous divisons la dose normale par deux. »
En hiver, en bâtiment, la dose journalière d’aliment complémentaire est de 10 g par vache. « Cela correspond à 600 g de semoulette pour le troupeau : je les mélange avec les minéraux qui sont ensuite glissés dans l’automotrice au moment de la préparation de la ration. »

Quotidien plus tranquille des vaches et des éleveurs

Cette solution dans le contrôle des boiteries a séduit Hervé Lebreton : « C’est beaucoup plus simple et rapide que d’appliquer de la bombe en salle de traite. Nous avons mis du temps à trouver la solution, mais aujourd’hui, la dermatite est maîtrisée. La vie quotidienne des vaches et des éleveurs va mieux. »

Sélectionner sur la santé des pieds ?
« Quand il y a un problème alimentaire, les boiteries réapparaissent. Les fins de silo sont des périodes à risque. J’essaie de mettre un peu plus de fibres dans le mélange pour sécuriser », explique Hervé Lebreton. La génétique pourrait aussi être une autre piste en faveur de la santé des pattes. « Depuis longtemps, pour les accouplements, nous faisons attention aux aplombs par rapport au système logettes. Peut-être que sur les vaches à problème de patte, nous tiendrons compte des nouveaux index sur la santé du pied. »

Une association de 10 extraits de plantes

Gaëtan Plichart, Biodevas Laboratoires
Gaëtan Plichart, Biodevas Laboratoires

Lancé fin 2014 par Biodevas Laboratoires, Piétix est un complément alimentaire associant 10 extraits de plantes (cassis, harpagophytum, chardon Marie…). La synergie entre les différents principes actifs aurait plusieurs actions favorables sur l’organisme de la vache. Gaëtan Plichart, responsable techniques multi-espèces, détaille : « La gestion du stress oxydatif pour maintenir l’intégrité cutanée face à un stress environnemental – béton, froid, humididté… – limite la pénétration des bactéries dans la peau. La gestion des protéines de l’inflammation diminue les incidences chroniques et favorise le maintien de locomotion des vaches. Une stimulation du système immunitaire, notamment la voie des macrophages et des polynucléaires neutrophiles efficaces pour combattre les bactéries. »

L’objectif est de donner à l’animal « les armes pour combattre lui-même la pathologie ». Le produit est distribué en direct par son concepteur, par des distributeurs ou des fabricants d’aliment. La formule solide (semoulette) peut être apportée directement ou incorporée à un correcteur. La formule liquide, une fois diluée, peut être distribuée à l’arrosoir à l’auge. Le coût de cette complémentation (à 10 g ou 10 mL / jour) se situe entre 3 et 3,3 € par animal et par mois. (40 € pour 305 jours de lactation). « Après deux mois d’utilisation, dans les troupeaux en traite robotisée par exemple, l’effet est visible dans l’activité des animaux. »

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