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Les syndicats, ensemble, défendent le foncier agricole

La FDSEA et la Coordination rurale ont rejoint la Confédération paysanne pour défendre les 82 ha agricoles convoités dans le cadre du projet de parc d’attractions Avalonys.

Vendredi 30 mars, une quarantaine de personnes se sont mobilisées sur le site de Cormeré, à Guipry-Messac. Des agriculteurs des trois syndicats agricoles départementaux étaient présents pour demander l’abandon du parc sur les légendes arthuriennes qui entendait s’installer sur les 82 ha groupés du lieu. En parallèle au monde agricole, une association citoyenne, la « Puce », s’était constituée contre le projet.

Abandon sur Guipry-Messac

Une mobilisation avait déjà eu lieu mercredi 14 mars lors du conseil communautaire à Guichen, alors que les élus devaient décider d’accorder ou non une avance remboursable de 50 000 € à Enez Aval, société portant le projet. Faute de consensus, le vote avait été reporté. Aujourd’hui, le projet Avalonys semble abandonné sur le site de Cormeré. « L’unité a porté ses fruits dans ce combat engagé depuis plusieurs mois : la terre restera agricole. Les terres de Cormeré sont mises en valeur par 9 agriculteurs qui doivent aujourd’hui pouvoir sécuriser leur activité », déclaraient cette semaine les responsables de la Confédération paysanne. En juillet 2017, les agriculteurs se sont portés acquéreurs des terres qui étaient depuis 30 ans propriété de Butagaz. En février dernier, Vallons Haute Bretagne Communauté (VHBC) a souhaité engager une déclaration d’utilité publique pour contourner la Safer dans l’attribution de ces terres.

Lors de la manifestation de vendredi dernier, Sébastien Vétil, agriculteur à Guipry-Messac et porte-parole des neuf fermes directement impactées soulignait : « Nous reprochons aux élus de vouloir imposer ce projet. Le monde agricole n’a pas été concerté en amont. Devant la mobilisation, nous sommes maintenant entendus. »

Valeur économique sur les exploitations

« L’emprise d’un tel projet aurait été beaucoup plus importante que 82 ha. Fin janvier, nous avions rencontré le préfet qui s’était opposé au parc », précise Didier Massiot, porte-parole de la Confédération paysanne 35, syndicat à l’initiative de la mobilisation. « Sur ce cas, les trois syndicats agricoles se sont mis d’accord, ce n’est pas si souvent… », constate-t-il, satisfait de ce combat commun. Guillaume Aveline, vice-président d’Agrobio 35, ajoute : « Les agriculteurs aussi sont capables de créer de l’emploi et de la valeur grâce à ces terres. »

« Nous ne sommes pas systématiquement contre l’artificialisation des terres. Mais ce projet nous paraît flou et nous doutons de sa rentabilité. De plus, il existe déjà beaucoup de parcs touristiques en Ille-et-Vilaine et autour », avait quant à lui indiqué Jean-Yves Riault, responsable cantonal FDSEA et membre du bureau de la Chambre d’agriculture. « L’aménagement économique, ça se discute. La question de l’agriculture et de l’activité économique qu’elle génère est primordiale sur nos territoires ruraux », déclarait Joseph Martin, président de la Coordination rurale 35.

Même si les agriculteurs ne souhaitaient pas de Zad à Cormeré, la pression citoyenne qui commençait à monter sur ce projet a sans doute incité Enez Aval à renoncer. « Néanmoins, nous restons vigilants : Avalonys ne doit pas se faire sur du foncier agricole, ni à Guipry-Messac, ni ailleurs ! », conclut la Confédération paysanne.

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