Edito

L’Europe en Bretagne

« Peut-être vous faut-il quelqu’un d’extérieur pour vous rappeler ce que vous avez accompli ». Au printemps dernier, à Hanovre en Allemagne, lors de sa visite d’adieu en tant que président des États-Unis, Barack Obama a salué « l’une des plus grandes réussites politiques et économiques des temps modernes » : l’Europe.

Il fut longuement applaudi. Applaudi par tous ceux qui mesurent le chemin parcouru par des pays, jadis divisés sinon ennemis, pour avancer vers cette union génératrice d’innovation, de richesse et d’opportunités. Pour s’en convaincre, il suffit d’observer tous ceux qui sont prêts à risquer leur vie pour atteindre notre continent. L’agriculture a particulièrement profité et profite encore – 361 M€ versés à près de 20 900 agriculteurs bretons le 16 octobre dernier – de cet élan commun.

Figée dans des pratiques moyenâgeuses jusque les années 50, l’agriculture s’est littéralement transformée sous l’effet de la Pac. Et si l’on peut regretter l’important exode que cela a engendré dans les campagnes, on peut s’interroger s’il n’aurait pas été encore plus massif si l’agriculture n’avait pas effectué ce bond dans la modernité.

Pour autant, à l’instar de beaucoup de ses concitoyens, de plus en plus d’agriculteurs se méfient de l’Europe. Consciente de ce désamour, la Région vient de s’adresser directement aux agriculteurs bretons au travers d’une vidéo pour battre en brèche « les idées reçues ». Dans une ferme laitière, une agricultrice répond indirectement à un homme – son époux ? – qui qualifie l’Europe « d’assemblée de technocrates éloignés de son quotidien », que l’Europe « c’est la salle de traite dans laquelle elle travaille tous les jours ». Peut-être faut-il quelqu’un de l’intérieur pour rappeler ce qui a été accompli.

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