Edito

Nouvel âge

En élisant Emmanuel Macron président de la République, la France a choisi la voie de l’ouverture au monde. Ou plutôt sa continuité. Car, faut-il rappeler que les bases du libre-échange et d’une société ouverte ont été jetées il y a plusieurs milliers d’années. Quand, au Mésolithique, les premiers paysans échangeaient des graines et des outils pour accroître leurs rendements ; n’hésitant pas à parcourir des centaines de kilomètres pour acquérir ces innovations, attestent les historiens.

De cette économie de marché, née il y a 10 000 ans, la Bretagne en a pleinement profité. Seules des périodes de conflit, d’émergence de nouvelle religion, de dégradation du climat ont provoqué des ruptures. Parfois dramatiques. Comme ce fut probablement le cas vers – 400 ans av. J.-C. quand des fermes bretonnes, pourtant en place depuis deux, voire cinq siècles, ont été massivement désertées. Il faudra attendre 100 ans pour que de nouvelles se créent à nouveau par milliers, comme l’ont montré les fouilles réalisées en Argoat.

Nos ancêtres, comme nous aujourd’hui, ont certainement été submergés par l’angoisse face aux vagues d’innovations qui se sont succédé à travers les âges. Passer de l’Âge de bronze à l’Âge de fer n’a pas dû être une sinécure. Mais, comme l’a si bien montré l’historien du temps long, Fernand Braudel, qui a décrypté l’économie à l’échelle des millénaires, le développement du commerce s’est toujours accompagné d’une amélioration du niveau de vie des humains. Ce sont les périodes intermédiaires, dites schumpétériennes, c’est-à-dire de destruction créatrice et d’innovation, qui sont les plus délicates à passer. Et source de tous les dangers. Dimanche, la France ne s’est pas laissé emporter dans cette chausse-trappe qui leur était tendue. C’est une bonne nouvelle pour nos enfants.

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