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Bruxelles n’est pas si loin

La Pac 2020 se prépare aujourd’hui. Pour commencer à réfléchir à ce qui sera écrit sur une feuille pour l’instant blanche, la Région Bretagne lance une campagne de consultation auprès des professionnels et du grand public via différents moyens. Réunis à Pleyben (29) lundi 25 septembre, une centaine de participants de différents horizons ont proposé des pistes de réflexion.

La politique agricole commune pèse énormément sur le revenu moyen des exploitations. Mary Henry-Bouvier, chargée de mission à la Chambre régionale d’agriculture, chiffre à « 20 % la part d’aide dans le revenu total d’un légumier. Elle est de 64 % pour un producteur de porcs naisseur-engraisseur, 86 % chez un producteur de lait et de 135 % en viande bovine ». Sur la période 2014-2020, une enveloppe de 363 milliards d’euros est versée aux agriculteurs, soit 278 milliards pour le 1er pilier, 85 pour le second. Afin de réfléchir aux orientations de la future période Pac post 2020, la Région Bretagne mène une campagne de consultation, en invitant professionnels et grand public à s’exprimer sur le sujet.

Garder notre spécificité

Le 2e pilier de la Pac est géré depuis 2013 par la Région. « Ne laissons pas Paris décider de tout. Il en faut pour toutes les productions, et nous aurons du mal à trouver des alliances avec les céréaliers », estime Thierry Merret, président de la FDSEA du Finistère. La spécificité du territoire breton fait l’unanimité dans l’assemblée, et Vincent Pennober, de la Confédération paysanne, estime « qu’il ne faut pas faire que du chiffre. Gardons nos paysans, la Bretagne est tellement différente des autres régions. Si nous voulons garder nos élevages, concentrons les aides sur les petites exploitations ».

Plutôt que de plafonner le versement des aides à l’hectare, des participants pensent plutôt à un versement à l’actif. « Il faut aussi introduire le statut d’agriculteur. Des dérives existent dans d’autres régions, ou certains gardent des terres, sans ce statut d’agriculteur. Il nous faut être vigilant, même si ces dérives sont inconnues ici », explique André Sergent, président de la Chambre d’agriculture du Finistère.

Le 2e pilier n’est pas un bonbon

Sur le sujet de la vente directe et des circuits courts, Patrick Sastre, éleveur, croit « qu’il ne faut pas prendre les aides du second pilier comme un bonbon. Il y a des défis sociétaux, qui ne sont pas des contraintes, mais des opportunités ». Séduire le consommateur, une piste partagée par Alain Le Quellec, conseiller régional. « Ce n’est pas la peine de se battre sur les primes si elles sont récupérées par la grande distribution. Il faut réussir à gagner la bataille des prix et les agriculteurs doivent parler aux consommateurs. Les producteurs bénéficient en plus d’une bonne image auprès des consommateurs, ce qui n’est pas forcément le cas des distributeurs ».À grands coups de promotions, ce ne sont pas moins de « 5 milliards d’euros qui se sont évaporés », chiffre Olivier Allain, vice-président de la Région.

Plus on avance, moins on gagne Jean-Michel Favennec, représentant la Coordination rurale, tire les conclusions de 25 années de Pac. « Plus on avance, moins on gagne. Il manque à l’Europe 28 millions d’ha pour être autosuffisant, et nous importons des protéines d’Amérique. La prochaine Pac doit réguler et rééquilibrer les choses. On ne peut pas nous demander d’être plus propre que propre et laisser entrer des marchandises sur le territoire. Nous touchons les mêmes prix qu’il y a 30 ans, voire moins ».

Les discussions sur cet avenir de la Pac déboucheront sur « des rencontres avec les syndicats, puis un débat en session plénière avec Loïg Chesnais-Girard. Si une position unanime est trouvée, Bruxelles écoutera notre région emblématique », conclut Olivier Allain.

La consultation continue
Depuis le 18 septembre, une consultation en ligne est accessible à tous depuis la plate-forme atelier.bretagne.bzh, et ce jusqu’au 15 octobre. Ce site participatif permet à chacun de consulter les propositions, mais aussi de soumettre des idées.
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