Edito

Renouvellement

Trois sujets tournaient en boucle dans les conversations du dernier Space : les prix agricoles, le renouvellement des générations, la technologie. Pour ce dernier thème, aucune inquiétude. À l’heure où un médecin est capable de sauver une vie en pratiquant de la chirurgie à distance – ou bien un militaire capable d’en supprimer une en télécommandant un drone à des milliers de kilomètres –, l’heure viendra où la quasi-totalité des travaux agricoles seront techno-compatibles et automatisables. C’est seulement une question de temps… et d’argent.
Pour les deux autres sujets, c’est plus compliqué. Sauf à remplacer les agriculteurs par des robots – mais qui sait ? – , le renouvellement des générations est « Le » sujet des prochaines années de la Bretagne agricole. Et il est intimement lié au premier : les prix des denrées agricoles.

La passion ne suffira plus pour maintenir un flux suffisant d’installations.

L’élevage est concerné au premier chef. L’élevage laitier en particulier. La passion, moteur de la motivation pendant des générations, ne suffira plus pour maintenir un flux suffisant d’installations. Quand bien même des industriels affirment ne pas être inquiets quant au potentiel de production breton pour les années à venir, il se passe quelque chose de profond dans les campagnes. « Je m’interroge sur le décalage de rémunération subi par les producteurs de lait », a pointé Jean-Hervé Caugant, agriculteur à Dinéault et élu Chambre d’agriculture lors d’une conférence sur l’avenir de la filière laitière organisée par l’Institut de l’élevage. Ce décalage de rémunération, au sein de la profession d’une part, et entre catégories socioprofessionnelles, d’autre part, est la clé de voûte du renouvellement des éleveurs. Il n’est pas simplement une vue de l’esprit : en témoigne l’érosion continue de l’EBE/ 1 000 L depuis 2009.

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