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Pie Rouge : le taureau Junior R2A a de qui tenir

Junior, le taureau Pie Rouge le plus utilisé en 2016, est issu d’une souche qui cumule les prix de meilleure laitière ou de meilleure fromagère sur les concours.

Sa mère Hamelete et sa grand-mère Dembrion lui ont transmis des gènes recherchés dans la race à la robe Rouge. Junior a totalisé 14 % des doses utilisées sur les vaches Pie rouge l’année dernière. Grâce à ses index taux, santé mamelle et morphologie. Ce taureau complet est issu d’une souche qui, en seulement quelques années, a installé le Gaec Nello-Gicquel, au Bodéo (22), à la pointe du réseau de sélection. Dembrion, comme son nom l’indique, est le produit d’une transplantation réalisée dans le cadre du schéma de sélection Pie Rouge. Les éleveurs ont acheté cet embryon et l’ont posé sur l’une de leurs « noires ».

Depuis, grâce en grande partie à cette vache qui a remporté le prix de meilleure laitière aux Terralies en 2017, le troupeau a clairement changé de couleur. Le noir d’origine cède progressivement la place au rouge. Collectée, elle a, elle-même, fourni de nombreux embyons, (accouplée aux taureaux Razor et Camion). C’est pourtant sa fille du taureau Tableau, Hamelete, qui marque actuellement le troupeau grâce à des accouplements (transplantations) avec les taureaux Can Be, Rowan, Jorho ou Milik. Les gènes se transmettent de génération en génération. Si le propre frère d’Hamelete (Grégoire) n’a pas fait sensation dans la race, malgré son indexation favorable, son fils Junior (par Can Be) a donc largement diffusé les qualités de la souche.

40 % des animaux sans cornes

Pascal Nello
Pascal Nello

L’élevage du Bodéo compte 65 vaches désormais équitablement réparties entre rouges et noires. « Les rouges produisent autant que les noires et font plus de taux », indique Pascal Gicquel, l’associé en charge du suivi du troupeau. « De plus, elles ont une meilleure fertilité : 1,4 paillettes par vache contre 1,9 pour les noires ». L’objectif, à terme, est de développer l’effectif des rouges. « C’est le critère économique qui dicte le choix ». Toutes les femelles sont élevées et génotypées. Une ou deux rouges prennent la direction de la station de génisses de Plounévézel chaque année, pour entrer dans le programme de collecte d’Évolution (deux animaux actuellement). « J’ai donné l’orientation de la sélection et je fais confiance aux techniciens dans le choix des accouplements ». Sans regrets.

L’Isu moyen des vaches est de 115 et le pointage de 83,3. Avec des veaux femelles, filles d’Hamelete et demi-sœurs de Junior, dont les Isu oscillent entre 165 et 187 avec des index taux exceptionnels. Quelques jeunes vaches sont vendues en lait chaque année. Les embryons collectés en station sont posés sur les génisses noires. Cette manière de sélectionner le troupeau est devenu la règle. Et pourtant… « Il y a quelques années, je ne concevais pas la transplantation », avoue l’éleveur. Les rouges lui ont vraiment tapé dans l’oeil. Certainement pas en raison de la beauté de leurs cornes. 40 % des animaux en sont dépourvus grâce à la sélection du gène sans cornes, poussé au maximum dans la race.

Pascal Nello et Philippe Gicquel, associés du Gaec, ont reçu les éleveurs Pie Rouge sur leur élevage lors de l'assemblée générale de France Pie Rouge en juillet dernier.
Pascal Nello et Philippe Gicquel, associés du Gaec, ont reçu les éleveurs Pie Rouge sur leur élevage lors de l’assemblée générale de France Pie Rouge en juillet dernier.
Maïs sous plastique
La ferme d’une centaine d’hectares est située en zone froide. Les deux tiers de la sole de maïs sont sous plastique pour assurer quantité et qualité de la récolte. Le chargement est de 1,8 UGB par hectare. En été, les vaches consomment 8 kilos d’ensilage de maïs, 5 kilos bruts d’enrubanné, 2 kilos de correcteur azoté, 2 kilos de céréales, 600 g de paille et de l’herbe pâturée pour une production de 27-28 litres de lait. Les fortes productrices sont complémentées.
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