ÉlevageFinistèreTop

Le robot libère de la main-d’œuvre

Le changement d’un système de traite classique vers une traite robotisée n’est pas forcément simple. Installés à Guipavas, Gwennaelle et Gilles Hallégouet ont réussi cette transition, tout en conservant les performances du troupeau et en maintenant une ambiance calme dans le bâtiment.

Après 40 années de bons et loyaux services, la salle de traite du Gaec de l’Élorn, de Guipavas, a laissé sa place à un modèle neuf de traite robotisée. « Il nous fallait 5 heures par jour pour traire les 80 vaches laitières, en y ajoutant 2 heures de nettoyage », se souvient Gwennaelle Hallégouet, associée avec son époux Gilles sur l’exploitation. La salle de traite équipée en 2 x 5 sans décrochage automatique, trop gourmande en main-d’œuvre, amenait à la consommation d’un temps plein par jour, « même si j’aime traire », avoue l’éleveuse. Sans profondément modifier le bâtiment existant, le couple d’agriculteur a porté son choix sur 2 robots M2 de chez Fullwood Packo.

L’identification à la patte sert aussi de podomètre, pour donner des informations sur l’activité des vaches.
L’identification à la patte sert aussi de podomètre, pour donner des informations sur l’activité des vaches.

Silence, ça trait

« Notre priorité était de garder la même qualité de lait avec une traite robotisée, avec une machine robuste équipée d’un bras qui reproduit au plus près le geste du trayeur. De plus, nos animaux sont calmes, le bâtiment est peu bruyant. Nous souhaitions garder cette ambiance ». Très rapidement, les laitières se sont habituées à la nouvelle machine, la fréquentation pouvant monter à 2,8 traites par vache et par jour. « L’écran tactile est intuitif, la prise en main a été rapide. Depuis l’installation en mars dernier, je surveille les consommations d’eau, qui restent identiques par rapport à l’ancienne salle de traite ».

Pour la mise en place du robot, Gilles Hallegouet explique que « le bâtiment s’y prêtait, car les vaches sortent peu et circulent facilement. Il a juste fallu construire un appenti pour loger les veaux. Les robots nous donnent de précieuses informations avec les premiers symptômes de mammites, ce qui nous permet de soigner les animaux à base d’homéopathie. L’identification des vaches est rendue possible grâce à un bracelet positionné au pied, qui sert aussi de podomètre, et qui nous permet de mieux détecter les chaleurs ».

Une caméra 3D, positionnée au dessus de la vache, coordonne le mouvement du bras.
Une caméra 3D, positionnée au dessus de la vache, coordonne le mouvement du bras.

Économiser de l’énergie

Pour être toujours positionné idéalement par rapport à l’animal, le bras trayeur est guidé par une caméra 3D. « La vache est plus libre, sans barre de fesse, et est moins oppressée. Moins stressée, elle ne gardera pas son lait. Le branchement se fait sous 35 secondes, laps de temps idéal pour recueillir le lait après la stimulation du trayon, ce qui coïncide à la production d’ocytocine chez la femelle », rappelle Xavier Rannou, représentant la concession Guillou Frères et proposant la marque Fullwood Packo à Plouédern. Cette caméra peut aussi à l’avenir évoluer pour mesurer le taux d’engraissement des animaux.

Du côté des consommations électriques, le robot a de sérieux atouts. « Le bras est commandé électriquement, sans compresseur. Le premier avantage est de positionner la griffe silencieusement. Le second est de diminuer les consommations d’énergie : il suffit d’un compresseur de 3 kW pour commander l’ouverture des portes, et qui travaille en moyenne 1,5 h par jour. Ce sont ainsi 16 kW d’électricité économisée par robot, soit 32 kW pour cette exploitation équipée de 2 stalles. L’économie se chiffre alors à 3,2 €/ jour, soit plus de 1 000 € par an ». Au final, la transition du système de traite s’est réalisée en douceur, avec des économies à la clé.

 

Mots-clés

Peut vous intéresser

Bouton retour en haut de la page
Fermer