Coopératives

AG section viande bovine Triskalia : le cap pour les années à venir

L’assemblée générale de la section bovine Triskalia s’est tenue mardi 8 février à Ploufragan et a réuni une centaine de  participants.

Les représentants de la section bovine sont revenus sur une année 2016 chahutée pour les éleveurs, avec des cours de la viande dégradés suite à un afflux important de réformes laitières sur le marché et une consommation de viande bovine à nouveau en recul de -1,6 %. Malgré cela, le groupement bovin Triskalia a commercialisé quelque 36 000 animaux en 2016 dont presque 31 000 bovins de boucherie et 5 000 bovins d’élevage. Ces volumes sont globalement stables par rapport à 2015.
Lors de cette assemblée, les échanges ont été nombreux et constructifs entre les éleveurs présents, les représentants du groupement et ceux de Socopa, au sujet des dossiers de 2016 et notamment des contrats ETAP et des accords « Cœur de Gamme ».

2017, investir pour s’adapter

Cette assemblée a également été l’occasion de présenter les projets sur lesquels le groupement travaillera en 2017 et notamment le projet de rénovation et d’agrandissement du centre d’allotement de Glomel. Il s’inscrit dans une stratégie globale de développement et de performance pour les animaux maigres proposés aux éleveurs. En développant la capacité d’accueil du centre et en investissant sur du matériel permettant d’anticiper les évolutions probables de réglementation sanitaire, le groupement bovin sera en capacité de proposer, aux éleveurs, des animaux au mieux de leur forme physique, gage de résultats techniques optimisés.

Le cap pour les années à venir

Après la partie statutaire, l’assemblée s’est poursuivie par l’intervention de Danielle Duret, consultante en sociologie de l’alimentation. « Comprendre les mécanismes qui ont amené les mouvements anti-viandes, végétariens ou vegans est important pour l’avenir de nos productions », affirme Louis-François Leconte, président de la section bovine Triskalia, qui a conclu cette intervention et cette assemblée en donnant le cap pour les années à venir : le bien-être animal, la durabilité et la préoccupation environnementale, la notion de santé positive, d’authenticité, mais aussi de plaisir avec comme moteur principal le goût. Voilà les éléments sur lesquels le groupement bovin Triskalia va travailler et s’appuyer pour recréer ce lien entre le consommateur et le producteur.

Côté réglementation et assurance…
Pour Danielle Duret, consultante en sociologie de l’alimentation, lors de l’assemblée générale de la section bovine de Triskalia : « Manger répond à des enjeux fondamentaux dans notre société. La nourriture, c’est avant tout la vie, mais l’acte de manger lui-même est quelque chose d’intime, puisque l’aliment “entre en nous” ». Cet acte a également une portée capitale dans le lien social qu’il crée de par la recherche et le partage de cette nourriture. Chaque société a classifié ses aliments en « bon à manger » et « bon à penser » et a ainsi défini sa culture alimentaire. Malgré tout, la viande, et surtout la viande rouge, est l’aliment qui porte le plus d’interdits, mais aussi le plus de prescriptions. En revenant sur la symbolique de la viande à travers les âges, Danielle Duret nous permet de comprendre pourquoi la perception de cet aliment a évolué dans la société moderne. Au départ, c’est un aliment convoité, car pourvoyeur de la force et de la vertu symbolique de l’animal que l’on assimile. Il permet la cohésion et la survie des groupes.

Génération urbaine

Aujourd’hui, nos mœurs ont changé, nous ne voyons plus et ne voulons plus voir dans nos assiettes l’animal que nous consommons. La modernité a séparé la production de la consommation et la dernière génération, devenue purement urbaine, est aussi la première à n’avoir jamais été dans une ferme. Le lien social qui entoure le repas s’est distendu. Beaucoup mangent rapidement et majoritairement des plats « pratiques » en ayant totalement oublié ce qu’est la vraie notion de faim. Cette déconnexion progressive et ce manque de lien social a amené l’individu à reporter une part importante de son affection sur son animal de compagnie, et à transposer cette affection aux autres animaux qu’il voit. L’idée de devoir tuer un animal, même pour se nourrir, devient dès lors difficilement supportable.

Des réponses durables

Ce sont cette évolution et cette rupture sociale qui ont donné naissance aux nouveaux mouvements sociétaux anti-viande. Danielle Duret nous dit que ces courants de pensée sont certes aujourd’hui le fait d’une petite minorité, mais avec un pouvoir de communication important et qu’ils ne sont pas des épiphénomènes. Comprendre les fondements sociologiques de ces inquiétudes et de ces attentes est nécessaire aujourd’hui, pour apporter des évolutions et des réponses durables à un consommateur omnivore apaisé dans sa relation culturelle et affective avec l’aliment « animal ».

Olivier Frayer / Triskalia

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