Productions Agricoles

Un mélange fermier pour plus d’autonomie

Sur l’EARL de Kerdeniel, à Bourg-Blanc (29), l’autonomie est recherchée avec du pâturage, et un mélange fermier donné en finition et aux génisses.

« Je ne cherche pas le maximum, mais l’optimum », synthétise Pascal Cabon, éleveur de Blondes d’Aquitaine à Bourg-Blanc. À son installation sur l’exploitation parentale en 2008, il a décidé d’arrêter le lait pour se spécialiser en système allaitant naisseur. « Je suis parti du troupeau en place d’une vingtaine de mères blondes, auquel j’ai ajouté de la mixité. L’insémination est privilégiée : une quarantaine sur la dernière campagne. Aujourd’hui, je compte 65 vêlages. » Une visite de l’exploitation a été organisée lors de l’assemblée générale de l’Association des éleveurs de Blonde d’Aquitaine de Bretagne, le 22 janvier. Le troupeau est toujours en phase de croissance. Un effectif de 65 vaches devrait être adapté au potentiel des 62 ha de SAU. « Pour étaler la trésorerie, je gère deux périodes de vêlages, sur septembre / octobre et de janvier à mars. L’âge au 1er vêlage est à 30 mois. »

Le cercle de contention, équipé de barres anti-retour, aboutit sur un couloir de contention avec plateau de pesée
Le cercle de contention, équipé de barres anti-retour, aboutit sur un couloir de contention avec plateau de pesée. À l’avant, se trouve une porte guillotine autobloquante. Ce matériel a été conçu par Jacques Cariou (éleveur) et installé par Pascal Cabon. L’EARL de Kerdeniel dispose aussi d’une contention « spécial vêlage » et de nombreux passages d’hommes.

Échanges parcellaires

Avec 52,5 ha d’herbe pâturés, dont 6 ha sont fauchés 3 à 4 fois par an et pâturés une fois à l’automne et une fois au printemps, l’autonomie est recherchée. « Grâce à des échanges avec des producteurs de porcs, j’ai aujourd’hui 40 ha accessibles. Pour limiter les vermifuges, les animaux ne reviennent pas avant 35 jours sur les paddocks. » La SAU compte aussi 5,5 ha de maïs ensilage, 2 ha de maïs grain et 2,7 ha d’orge.

Un mélange fermier constitué de 18 % de soja, 51 % de maïs grain sec, 28 % d’orge et 3 % de minéral est donné aux vaches en finition en été, avec de l’aliment et de la paille. En hiver, ces dernières reçoivent 50 % de maïs ensilage plus 1 kg de tourteaux de soja, et de l’aliment rationné à 6 kg/j. Le mélange fermier est aussi distribué aux génisses de 1 an avec de l’enrubannage. Grâce à des frais de mécanisation également optimisés, l’éleveur maîtrise ses charges opérationnelles à 65 €/100 kg de viande vive, contre 86 € pour le référentiel Blonde d’Aquitaine naisseur.

Un atout viande, mais des points faibles à travailler

Avec une bonne conformation (U- en moyenne), des finesses d’os et très peu de déchets de gras, la Blonde d’Aquitaine se distingue par un très bon rendement commercial en boucherie qui peut atteindre près de 80 % de viande nette commercialisée sur les meilleurs sujets. « Des écarts de 10 points de rendement peuvent être constatés avec un mode de découpe de type industriel et pour des animaux présentant moins de qualités bouchères », nuance Raymond Barré, conseiller Chambre d’agriculture. « Mais la Blonde se valorise avant tout à l’étal boucherie, dans des points de vente qui ont de gros débits. »

Malgré cet avantage acquis sur les caractères “viande”, les éleveurs blonds ont encore du travail devant eux. « Avec 10 % d’écart de capacité d’ingestion avec d’autres types génétiques, cette race est exigeante et demande un excellent suivi de l’alimentation au pâturage et en qualité de stocks. Pour être compétitif, l’idéal est aussi que l’éleveur produise au moins le concentré énergétique. Dans le même temps, il doit améliorer les qualités maternelles et notamment les écarts vêlages et la mortalité des veaux. Quelques pistes de travail sont possibles avec le choix de souches fertiles et vêlant bien… »

MAEC avec moins de 18 % de maïs

Côté ventes, huit femelles sont valorisées en direct pour Intermarché, et les autres partent en Label Rouge avant 7 ans, ce qui explique un taux de renouvellement élevé (31 % de primipares en 2015). « Le nombre de mâles est également plus fort sur l’élevage », ajoute le producteur. Sur 2014-2015, les 17 broutards ont été vendus 1 058 € en moyenne, les 15 femelles (506 kg de carcasse en moyenne) ont affiché un prix de 5,17 €/kg de carcasse, et les deux génisses en viande (440 kg c), 5,05 €/kg. Le producteur a par ailleurs signé une MAEC, avec moins de 18 % de maïs sur la SFP, en « maintien de système ». Agnès Cussonneau

Mots-clés

Peut vous intéresser

Bouton retour en haut de la page
Fermer